Somalie: Le rêve touristique face à la dure réalité sécuritaire

20 Novembre 2025

Ce jeudi 20 novembre 2025, la capitale somalienne présente un double visage étonnant : ses plages paradisiaques coexistent avec une instabilité chronique. Les autorités s'efforcent d'utiliser le tourisme comme outil de transformation de l'image nationale, malgré l'héritage de la guerre civile et la menace constante des combattants Shebab.

Mogadiscio, la ville autrefois ravagée par la guerre, offre des panoramas inattendus. Sur la côte du Lido, la vie reprend ses droits : des enfants jouent dans l'eau cristalline tandis que des visiteurs étrangers profitent du littoral. Ce phénomène est déconcertant pour certains."Je me suis sentie parfaitement à l'aise", a confié à l'AFP Sheryl, une voyageuse américaine, contredisant ainsi les récits habituels sur la Somalie. Après l'effondrement de l'État dans les années 1990 et près de deux décennies de lutte contre les extrémistes Shebab, le gouvernement actuel met en avant une diminution de 86 % des agressions dans la capitale, justifiée par l'augmentation des caméras et de la présence policière.

Pourtant, un reportage de l'AFP repris par TV5MONDE souligne la fragilité de cette accalmie. L'accalmie est limitée à la capitale. D'après les informations recueillies, l'environnement extérieur à Mogadiscio demeure extrêmement dangereux. De plus, une contre-offensive menée par les islamistes au début de l'année 2025 a permis à ces derniers de récupérer 90 % des zones qu'ils avaient perdues. Le ministre du Tourisme, Daud Aweis Jama, demeure optimiste. Il vise le doublement du nombre de visiteurs étrangers en 2025 (portant le total à 20 000), convaincu que cette activité "changera l’image de la Somalie".

Les touristes qui s'y aventurent sont loin d'être des voyageurs lambda (le couple américain ayant notamment visité l'Afghanistan et la Corée du Nord). Leur séjour est onéreux, l'agence Visit Mogadishu Tours facturant environ 500 dollars par jour et par personne pour couvrir tous les frais, y compris l'hôtel et, élément essentiel, l'escorte armée.

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Cette prudence est justifiée par les avertissements officiels : le Royaume-Uni qualifie le risque d'enlèvement "élevé", et les États-Unis déconseillent catégoriquement de s'y rendre. Un voyageur britannique, Anthony Middleton, a toutefois distingué la nature de la menace, insistant qu'il y a "une différence entre dangereux et hostile", même si la situation est en voie d'amélioration.

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