Ile Maurice: Le copilote du jet privé confronté à des restrictions inédites

21 Novembre 2025

De nouveaux éléments recueillis auprès de sources bien informées permettent de mieux comprendre la situation inhabituelle du copilote malgache du Cessna 560XL, Zuzie Raymond Hasiniavo.

Son passage en cour, le mardi 18 novembre, pour le dépôt de son affidavit accompagné de son avocat, Me Numresh Dreepaul, et de l'avoué, Me Shameek Jankee, marquait déjà un tournant dans le dossier.

Le suivi de notre enquête révèle désormais l'ampleur des restrictions auxquelles il est soumis depuis plus d'un mois, sans arrestation ni accusation, dans des conditions rarement observées pour un membre d'équipage étranger. Selon ces informations, le copilote est assigné depuis plusieurs semaines à Mahébourg, où il est logé à plein temps. Fait notable : les frais d'hébergement sont intégralement pris en charge par la police mauricienne. Ce séjour forcé, imposé en dehors de toute décision judiciaire, est accompagné d'une surveillance policière continue, alors qu'aucune charge provisoire ne lui a été notifiée.

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Le passeport malgache du copilote a été retenu dès les premiers jours de l'enquête. Contrairement à la pratique habituelle, ce n'est pas le Passport Immigration Office qui en a la garde, mais la Criminal Investigation Division (CID) de l'aéroport. Plus étonnant encore : le Directeur des poursuites publiques avait donné son accord pour que Zuzie Raymond Hasiniavo quitte Maurice le 20 octobre.

Ce jour-là, le copilote avait effectué tout son checkin et s'apprêtait à embarquer lorsqu'il a été stoppé sans motif communiqué. Son passeport devait lui être remis ; il ne l'a jamais récupéré. Les échéances annoncées pour une restitution ont été reportées. En parallèle, aucune allégation formelle ne lui a été communiquée. Selon son avocat, le jour du dépôt de l'affidavit, le copilote a affirmé n'avoir jamais été informé d'un soupçon précis ou d'une infraction qui justifierait son maintien sur le territoire. Son avocat, Me Numresh Dreepaul, insiste sur le fait qu'il s'est présenté à toutes les convocations et a coopéré à chaque demande des enquêteurs.

Ces éléments prennent un relief particulier lorsqu'on les replace dans le contexte du départ mouvementé d'Antananarivo. Selon les informations obtenues, la présence de gendarmes armés autour de l'aérodrome d'Ivato et des menaces de mort visant ses passagers auraient conduit le commandant à quitter Madagascar immédiatement, sur ordre direct des passagers.

Malgré cette situation décrite comme exceptionnelle, l'Aviation civile mauricienne a reproché au pilote, Mijarizaka Ramanantsoa, qui détient un passeport français, d'avoir enfreint la loi dans une lettre datée du 14 octobre, alors que celui-ci a depuis regagné Madagascar sans aucune restriction, contrairement à son copilote.

Un mois après le début de l'enquête de la CID de l'aéroport, ces contradictions alimentent un débat grandissant sur la proportionnalité des mesures imposées à Hasiniavo.

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