Alors que les divergences entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko s'exposent au grand jour, le Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) tire la sonnette d'alarme. Dans un communiqué au ton particulièrement grave, le regroupement de l'opposition lancé en février 2025 estime que le Sénégal traverse une crise politique et économique sans précédent, imputée à la gouvernance du Pastef, et prévient d'un risque réel d'« implosion nationale ».
Les divergences actuelles entre le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, leader du parti au pouvoir, le Pastef, ne laissent pas indifférent le principal regroupement de l'opposition. Dans un communiqué au titre alarmant, « Le Sénégal sombre ! », publié vendredi 21 novembre, la Conférence des leaders du Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR) alerte sur « une catastrophe imminente » au sommet de l'État.
En effet, selon elle, « l'État du Sénégal traverse sans conteste la crise la plus aiguë de son existence ». Mieux encore, les responsables du FDR estiment que « ni en 1962, ni en 1968, ni en 1988, ni en 2021, le pays n'aura offert un spectacle aussi désolant ». Poursuivant, les responsables de ce front, lancé en février pour faire face à ce qu'ils qualifient de « dérive autoritaire » du pouvoir Pastef, pointent « l'échec de la gouvernance » du parti au pouvoir comme principal moteur de cette crise « d'une gravité exceptionnelle » tant sur le plan économique qu'institutionnel.
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Au plan économique, ils affirment que « le Sénégal est devenu, en l'espace de vingt mois de gouvernance du Pastef, l'un des pays les plus endettés d'Afrique, désormais transformé en proie facile pour les fonds vautours. « Notre État est ainsi quasi officiellement au bord de la faillite, en raison de l'amateurisme et du populisme de ses dirigeants », poursuivent-ils. Selon le FDR, les Sénégalais, « plus particulièrement les plus démunis », souffrent des entraves à l'économie, de la prolifération de taxes, des retards de paiement de l'État, de l'accumulation des créances envers le secteur privé national, des retards des bourses estudiantines, des allocations familiales, ainsi que des dysfonctionnements dans la commercialisation de l'arachide et de la campagne horticole.
Au plan politique, le Fdr dresse également un sombre tableau de la situation en soulignant que de « graves accusations d'atteinte à la sûreté de l'État visant Ousmane Sonko demeurent toujours sans suite officielle ». Par ailleurs, rappelant que « le chef du gouvernement a publiquement accusé de hauts magistrats de complot », la conférence des leaders du Fdr évoque aussi la sortie d'un député du Pastef accusant le président Faye de vouloir perpétrer un « coup d'État institutionnel » contre son propre Premier ministre. Pour le FDR, l'ensemble de ces tensions « accentue les zones d'ombre autour du fonctionnement des institutions » et confirme la profondeur de la crise traversée par le pays.