Afrique: Echecs successifs des Sommets sur le climat - L'avenir de la COP en pointillés

23 Novembre 2025

Les COP se suivent et se ressemblent. C'est le moins que l'on puisse dire. En effet, presqu'à chaque sommet, quand ils ne jouent pas les prolongations, les participants ne parviennent pas à s'entendre sur les termes d'un accord qui satisfasse les différentes parties.

Ce fut encore le cas à Belém au Brésil où les délégations des différents pays sont repartis très déçues ; certaines ayant ouvertement regretté d'avoir fait le déplacement de la ville amazonienne. Ils n'ont peut-être pas tort. Car, le texte final dont a accouché Belém, est loin de traduire un consensus. Loin s'en faut ! On peut, dans une moindre mesure, parler d'un ersatz, d'accord ; tant il est en déphasage avec les attentes de nombreux pays qui subissent de plein fouet les conséquences des émissions des gaz à effet de serre.

Ce résultat, pour ainsi dire, n'a rien d'étonnant. Il était même prévisible dans une année bouleversée et marquée par des rivalités géopolitiques mondiales. En effet, lorsque l'on parle de réchauffement climatique, tout se passe comme si l'on a deux camps qui se font face. D'un côté, on a les pays à économies pauvres, soutenus par certaines puissances qui défendent la cause du climat, et de l'autre, les pays comme la Russie, l'Arabie saoudite et l'Inde, pour ne citer que les trois qui ne sont pas prêts à sortir des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon).

Il s'agit donc, pour ainsi dire, d'un conflit d'intérêt qui ne dit pas son nom. Toutefois, le compromis qui semble trouvé, serait de procéder désormais au triplement de l'aide financière pour l'adaptation des pays en développement à l'horizon 2035. Mais là aussi, on le sait. Ils sont nombreux les grands pollueurs qui ne respectent pas leurs engagements. Ils approuvent publiquement et par écrit ce dont ils savent qu'ils n'exécuteront pas. Si ce n'est pas de l'hypocrisie, cela y ressemble fort ; tant la mauvaise foi semble avoir pris le pas sur la volonté des uns et des autres de faire bouger les lignes. Tant et si bien que l'on s'interroge sur l'avenir même de la COP.

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Entre les engagements pris par les grands pollueurs et leur mise en oeuvre, il y a bien loin

En effet, à l'allure où vont les choses, l'on a bien peur que la COP ne devienne une coquille vide et qu'excédés par les turpitudes de certains dirigeants, certains pays ne se décident, d'année en année, à boycotter l'événement. A preuve, le texte issu de la COP30, laisse sur leur faim près de la moitié de 194 pays que compte la planète, et qui continue de croire que ce ne sera pas demain la veille la sortie des combustibles fossiles, comme ils le souhaitent.

Surtout que, pour ne rien arranger, le président américain, Donald Trump, connu pour être un climato- sceptique affiché, n'a eu de cesse de non seulement faire la promotion des énergies fossiles, mais aussi de faire dans le déni des enjeux scientifiques. C'est dire si l'Afrique qui appelle à des investissements concrets sur fond d'engagements contraignants, devra encore attendre. Car, entre les engagements pris par les grands pollueurs et leur mise en oeuvre, il y a bien loin.

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