Nigeria: Le secteur technologique nigérian est confronté à un déficit d'introduction en bourse malgré une croissance record

23 Novembre 2025

L'écosystème nigérian des startups s'est rapidement développé ces dernières années, marqué par des levées de fonds record, la montée en puissance des licornes et une expansion régionale plus large. Pourtant, un élément reste manquant : les introductions en bourse locales. Malgré le lancement d'un conseil technologique dédié sur le Nigerian Exchange (NGX) en 2022, la plateforme reste vide en 2025.

Un nouveau rapport de TLP Advisory, intitulé " Rethinking Funding & Exits" ( Repenser le financement et les sorties), en explique les raisons. S'appuyant sur des entretiens avec des fondateurs, des investisseurs et des acteurs des marchés de capitaux, ainsi que sur une enquête menée auprès de 36 startups, le rapport met en évidence les obstacles structurels qui limitent les cotations publiques.

Une grande partie des startups nigérianes lèvent des capitaux en dollars mais gagnent des revenus en nairas, ce qui crée un décalage de devises qui décourage les sorties par le biais des cotations NGX. La liquidité du marché est un autre sujet de préoccupation ; en l'absence d'antécédents en matière d'introduction en bourse de sociétés technologiques, les fondateurs doutent de la capacité des investisseurs publics à absorber le volume ou à proposer des prix équitables.

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De nombreux fondateurs manquent également de clarté quant à la procédure d'introduction en bourse. Plus de la moitié des startups interrogées ont déclaré ne pas comprendre les étapes ou les coûts impliqués. Les exigences de conformité et les seuils fixés par le conseil -₦50 millions d'euros pour le Growth Board et ₦420 millions d'euros pour le Technology Board - créent encore plus d'incertitude.

Le rapport affirme qu'il est essentiel de combler ces lacunes si le Nigéria veut conserver la valeur au sein de son économie locale.

Points clés à retenir

L'analyse de TLP suggère que le Nigeria se trouve à un moment critique où la politique, les besoins du marché et l'intérêt des investisseurs sont alignés - mais l'infrastructure des marchés de capitaux n'a pas rattrapé l'élan des startups du pays. Si les fondateurs ne sont pas opposés à une introduction en bourse locale, ils considèrent que la liquidité limitée, les méthodes d'évaluation peu claires et les exigences complexes en matière d'inscription à la cote constituent des obstacles majeurs.

Le rapport propose une feuille de route pour remédier à cette situation, notamment un engagement plus ciblé entre la NGX et l'écosystème technologique, des supports pédagogiques plus clairs, des règles de cotation simplifiées et une participation institutionnelle plus forte pour accroître la liquidité. L'étude met en évidence des comparaisons au niveau mondial : L'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud ont tous vu leur nombre de cotations augmenter après des réformes ciblées.

Pour le Nigeria, l'objectif n'est pas seulement de créer une voie de sortie, mais aussi de faire en sorte qu'une plus grande partie de la valeur du secteur soit captée au niveau national. Les fondateurs interrogés déclarent qu'ils envisageraient de s'inscrire à la NGX si la liquidité s'améliorait et s'il devenait possible d'obtenir une évaluation équitable. Le rapport conclut que la première introduction en bourse réussie d'une entreprise technologique pourrait ouvrir une nouvelle phase pour les marchés publics nigérians.

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