Cameroun: Le doyenné de Ndop ordonne la fermeture des églises après l'enlèvement du père John Berinyuy

24 Novembre 2025

La crise anglophone au Cameroun atteint un niveau d'escalade tragique dans le Doyenné de Ndop, situé dans la région du Nord-Ouest. À la suite de l'enlèvement d'un membre de son personnel, le Père John Berinyuy, la hiérarchie catholique de la zone a lancé un ultimatum d'une gravité exceptionnelle. Si le prêtre n'est pas libéré avant le mercredi 26 novembre 2025, une directive radicale entrera en vigueur : la fermeture immédiate de toutes les institutions catholiques.

Cette mesure sans précédent concerne l'ensemble des paroisses, des écoles et de toutes les autres structures religieuses du Doyenné. L'ordre est clair : tous les prêtres et le clergé sont sommés de quitter la zone "jusqu'à nouvel ordre". La raison invoquée est l'incapacité flagrante des autorités, y compris de l'Évêque et de la communauté chrétienne elle-même, à garantir la sécurité des serviteurs de Dieu face aux menaces permanentes des groupes armés.

L'acte le plus symbolique et le plus douloureux de cette décision est la directive de retirer le Saint-Sacrement de toutes les églises, chapelles et oratoires, et de laisser tous les tabernacles ouverts. Ce geste, dans la tradition catholique, marque l'abandon spirituel temporaire de la communauté, soulignant que le territoire est devenu un lieu de danger extrême où même la présence divine ne peut plus être protégée. C'est une protestation spirituelle contre la violence qui gangrène la région.

L'enlèvement du Père John Berinyuy s'inscrit dans une série d'actes de violence, d'enlèvements contre rançon et d'attaques qui ciblent de plus en plus le clergé et les travailleurs humanitaires opérant dans le contexte de la crise. En ordonnant la fermeture de ses institutions, l'Église catholique envoie un message retentissant sur l'état d'anarchie qui règne dans cette partie du Cameroun, forçant la communauté à faire un choix douloureux entre la mission spirituelle et la survie physique. Cette situation met en lumière la nécessité urgente d'une résolution politique et sécuritaire durable pour éviter l'effondrement total de la vie sociale dans le Nord-Ouest.

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