Togo: Une ONG dénombre 48 «détenus d'opinion» et exige leur libération

Au Togo, selon l'ONG Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat), « actuellement, 48 personnes sont emprisonnées simplement pour avoir exercé leur liberté d'expression ou leur droit de manifester ». L'Acat affirme qu'il y a eu « des cas de tortures » et que « toutes ces personnes sont en réalité des prisonniers d'opinion ».

L'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat) lance un appel à la mobilisation pour demander la libération de 48 personnes emprisonnées au Togo, que l'Acat qualifie de « détenus d'opinion », des manifestants, activistes, blogueurs, membres de la société civile ayant été arrêtés depuis les manifestations de juin dernier contre le pouvoir en place et dans les mois qui ont suivi.

Clément Boursin, responsable des programmes Afrique de l'Acat France, dénonce la répression de toute voix critique et appelle à leur libération. « On considère que, depuis les répressions des manifestations pacifiques de juin 2025, nous avons actuellement 48 personnes qui sont emprisonnées simplement pour avoir exercé leur liberté d'expression ou leur droit de manifester, affirme-t-il au micro de Magali Lagrange. Ils sont tous accusés soit de trouble à l'ordre public, atteinte à la sécurité de l'État ».

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« Des cas de tortures documentés »

Il assure : « Il y a eu des cas de tortures qui ont été documentés. Pour nous, toutes ces personnes sont en réalité des prisonniers d'opinion. Parmi ces prisonniers d'opinion, il y a René Missode Koffi, également Foly Satchivi. Ce sont des personnes pour lesquelles la rapporteuse spéciale sur les défenseurs des droits humains des Nations unies s'est mobilisée. On pense également à deux militants de Tournons la page, qui sont détenus depuis le 23 août, et bien entendu, à notre compatriote Steeve Rouyar, emprisonné depuis le 6 juin. »

Clément Boursin conclut : « Face à tout cela, la communauté internationale, pour nous, reste largement silencieuse. Que ce soit l'Union européenne, la France, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), tous privilégient la stabilité diplomatique avec le régime en place au détriment de la défense des droits humains. Et ce silence est dangereux car il permet à la répression de se poursuivre, actuellement. »

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