Soudan: Le général al-Burhan rejette la proposition de trêve des États-Unis

Lt Gen Abdelfattah El Burhan, président du Conseil de souveraineté transitoire et commandant en chef des Forces armées soudanaises, s’exprime à la clôture des consultations du dialogue national à Port-Soudan, en février 2025 (photo d’archive : Conseil de souveraineté transitoire du Soudan).

Au Soudan, Abdel Fattah al-Burhan rejette le nouveau plan de trêve proposé par les États-Unis. Le commandant de l'armée l'a annoncé, dimanche 23 novembre, lors d'un discours devant ses hauts gradés. La semaine passée, le président américain, Donald Trump, a annoncé son engagement pour mettre un terme à la guerre entre l'armée et les Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemedti, notamment à travers la médiation du quartet, le Quad », qui comprend les États-Unis, l'Arabie saoudite, l'Égypte et les Émirats arabes unis. Ce lundi soir, le général Hemedti annonce une trêve unilatérale de trois mois.

Pour le général al-Burhan, « La proposition de trêve, faite par l'envoyé spécial américain pour l'Afrique, est la pire qui n'ait jamais été faite. »

Non seulement, le projet de Massad Boulos, ne prévoit pas le démantèlement des FSR, mais il demande, en revanche, la dissolution de l'armée et des agences de sécurité du gouvernement de Port Soudan, une proposition jugée « inacceptable » par le général al-Burhan qui soupçonne l'envoyé des États-Unis de manquer d'impartialité.

Au coeur du problème figurent les soupçons entretenus par Washington d'une forte influence de l'organisation des Frères musulmans sur l'armée soudanaise. Pour le général al-Burhan, ce discours est celui de la propagande des Émirats arabes unis qu'il accuse d'être le principal soutien des FSR.

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« La résurgence de l'influence des Frères musulmans [est] un sujet de préoccupation majeur », écrit sur X, Anwar Gargash, ancien ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis.

« Le déni par Burhan du contrôle exercé par le Mouvement islamique sur l'armée, est une tentative pathétique de tromper la communauté internationale », renchérit Elbasha Tibeig, conseiller du général Hemedti, commandant des FSR.

Pour Andreas Krieg, professeur à l'École des études de sécurité du King's College de Londres, il faut mettre un terme à « cette campagne de diversion et utiliser l'influence d'Abou Dhabi pour imposer un cessez-le-feu. »

Les paramilitaires des FSR annoncent une trêve unilatérale de trois mois Les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ont annoncé lundi 24 novembre une trêve humanitaire unilatérale de trois mois, au lendemain du rejet par l'armée rivale d'une proposition internationale de cessez-le-feu.

« En réponse aux efforts internationaux, notamment à l'initiative du président américain Donald Trump et des médiateurs (...), nous annonçons une trêve humanitaire prévoyant une cessation des hostilités pour trois mois », a déclaré le chef des FSR le général Mohamed Hamdane Daglo dit Hemedti, dans une allocution vidéo enregistrée.

Les paramilitaires avaient indiqué début novembre accepter le principe d'une trêve humanitaire proposée par les médiateurs, à laquelle l'armée n'avait pas répondu, et les combats entre les deux camps qui s'affrontent depuis plus de deux ans pour le pouvoir n'ont pas cessé depuis.

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