Après Bobo-Dioulasso, c'était au tour de Ziniaré dans la région de Oubri, d'abriter du 19 au 21 novembre 2025, la 2e conférence publique sur la prévention de l'extrémisme violent et la lutte contre la radicalisation au Burkina Faso. Un cadre d'échanges voulu par la Direction générale de la communication et des médias (DGCM), avec l'appui technique et financier du Centre de Genève pour la gouvernance du secteur de la sécurité (DCAF) et la contribution du Conseil supérieur de la communication (CSC). L'objectif est de susciter la participation des professionnels de l'information et de la communication pour lutter contre ces fléaux tout en renforçant leur collaboration avec les Forces de défense et de sécurité et les leaders communautaires religieux.
La cité de Bassitenga ou Ziniaré a accueilli une quarantaine de participants venus des régions du Kadiogo, du Nakambé, du Gulmu, des Koulsé et de Oubri à l'occasion de la 2e conférence publique sur la prévention de l'extrémisme violent et la lutte contre la radicalisation au Burkina Faso. Une activité qui a pour thème : « Organisation d'un cadre de dialogue entre Forces de défense et de sécurité, médias, Organisations de la société civile et leaders communautaires, axé sur le rôle et les responsabilités des journalistes et des communicants publics dans la prévention de l'extrémisme violent et la lutte contre la radicalisation ».
La crise sécuritaire et humanitaire à laquelle fait face le Burkina Faso depuis 2015, selon le représentant du directeur général de la communication et des médias (DGCM), Jean Noël Gyengani, a suffisamment dégradé les conditions de vie des populations et entamé les fondements de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble au sein des communautés. Beaucoup de nos compatriotes, contraints à des déplacements en masse, a-t-il ajouté, sont ainsi confrontés à un difficile accès aux services sociaux de base. De difficiles conditions de vie qui font que ces personnes déplacées constituent un facteur de recrutement des jeunes au sein des groupes terroristes et un terreau fertile à la radicalisation et à l'extrémisme violent.
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« Cette situation est telle qu'il s'avère nécessaire, sinon impératif d'instituer des cadres de concertation avec les leaders d'opinion que sont les professionnels de l'information, les communicants publics, les experts de la lutte contre l'extrémisme violent et les leaders communautaires, en vue de proposer un discours alternatif et de rassurer les populations en détresse et souvent désemparées, sur les actions menées par l'Etat pour libérer les localités du pays sous emprise des groupes terroristes », a indiqué celui qui est par ailleurs directeur de la communication pour le développement au ministère de la Communication. D'où cette deuxième conférence publique qui se veut une occasion d'échanges avec les journalistes et les communicants publics afin de proposer des solutions communicationnelles à même de prévenir l'extrémisme violent et lutter efficacement contre la radicalisation.
De la communication introductive, il est ressorti que l'extrémisme violent est l'expression violente de la radicalisation. L'extrémiste violent étant celui qui est prêt à aller jusqu'au bout, même s'il faut sacrifier des vies pour imposer sa position idéologique, religieuse ou autres. La radicalisation, elle, renvoie au processus par lequel un individu ou un groupe d'individus adoptent une position extrême et n'écoutent pas les autres. Sept autres sous-thèmes, dont : « Lutte contre le terrorisme : état des lieux, enjeux et défis de la prévention et de la lutte contre l'extrémisme violent et la radicalisation au Burkina Faso » ;
Exploration des liens entre l'extrémisme violent et la prolifération des armes légères et de petit calibre en temps de crise : comprendre les éléments déclencheurs de l'extrémisme violent et de la radicalisation au Burkina Faso » ; « Rôle et responsabilité des acteurs de l'information et de la communication dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale » ; « Participation citoyenne et lutte contre l'extrémisme violent et la radicalisation : quelles contributions des citoyens dans le renforcement de la paix et de la cohésion sociale au Burkina Faso », ont aussi été développés.
Le DCAF, en quelques mots
Selon le chargé de projet, du contrôle externe et de la société civile, Tuundarim Quentin Ouédraogo, le Centre de Genève pour la gouvernance du secteur de la sécurité (DCAF) est une fondation de droit suisse composée de 64 Etats membres dont le Burkina Faso. Avec des opérations dans plus de 70 pays au monde, le DCAF est reconnu mondialement comme l'un des plus grands centres d'excellence sur la Gouvernance du secteur de la sécurité (GSS) et sur la Réforme du secteur de la sécurité (RSS). Il est guidé par le principe de neutralité, d'impartialité, de la coopération nationale, d'inclusion et d'égalité des genres. Il est résolument dédié à la promotion de la sécurité humaine, au développement et à l'Etat de droit. Son principal domaine d'activité est le soutien aux gouvernements, aux parlements, aux autorités judicaires, aux autorités indépendantes de contrôle externe et la société civile sur les thématiques liés à la bonne gouvernance du secteur de la sécurité.