La réunion sur le féminicide promue par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et le gouvernement italien a rassemblé de nombreuses personnalités institutionnelles. Outre la ministre de la Famille, de la naissance et de l'égalité des chances, Eugenia Roccella, et le ministre de la Justice, Carlo Nordio, figuraient parmi les intervenants Hadja Lahbib, commissaire européenne à l'Égalité, Reem Aslalem, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence à l'égard des femmes et des filles, et Francesco Maria Chelli, président de l'ISTAT, organisme de statistiques officiel en Italie.
Cette conférence s'est tenue quelques jours avant le 25 novembre, Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, soulignant l'engagement de l'Italie et de l'OSCE en faveur de l'égalité des genres et de la protection des droits humains. À cet égard, la ratification récente par l'Union européenne (UE) de la Convention d'Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes a été cruciale.
En marge de la conférence, la commissaire Lahbib a déclaré : «Le féminicide, qui est le pire des crimes, ne marque pas le début de la violence à l'égard des femmes, laquelle trouve son origine dans les stéréotypes, la culture patriarcale et une vision du monde des femmes comme étant celui de personnes de seconde zone.» «Il est important d'adopter une approche globale de ce problème dans les différents secteurs, y compris l'économie, et de prendre en compte tous les facteurs qui engendrent la violence.»
Chiffres sur les féminicides
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Selon les dernières données de l'Organisation des Nations unies Femmes et de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, on estime à 85 000 le nombre de femmes et de filles tuées intentionnellement dans le monde en 2023, soit une femme toutes les dix minutes. Parmi elles, environ 60 % ont été assassinées par leur conjoint ou un membre de leur famille. Comme l'ont souligné les ministres Nordio et Roccella lors de leur intervention, le 25 novembre, la Chambre des députés a adopté le projet de loi érigeant le féminicide en infraction. Cette loi vise à faire du féminicide un crime à part entière, et non plus un meurtre aggravé. L'article 577 bis du Code pénal, introduit dans le texte, prévoit que quiconque cause la mort d'une femme «en commettant l'acte par des actes de discrimination, de haine ou de mensonge, ou par des actes de contrôle, de possession ou de domination sur la victime en tant que femme» sera puni de la réclusion à perpétuité.
Enfin, mercredi dernier, la Chambre a reçu un premier feu vert pour le projet de loi bipartisan révisant l'article 609 bis du Code pénal relatif au viol. Le texte, adopté à l'unanimité, introduit dans le code la notion de «consentement libre et éclairé», conformément aux dispositions de la Convention d'Istanbul sur les relations sexuelles consenties, dont les tribunaux devront tenir compte. Autrement dit, «en l'absence de consentement, il y a violence sexuelle». Le texte est actuellement attendu au Sénat.