Luanda, la capitale angolaise, vit, depuis hier, au rythme des relations entre l'Europe et l'Afrique. D'ailleurs, les deux jours de conclave y sont fériés. La Côte d'Ivoire, représentée par Beugré Mambé, a brillamment pris part à la session thématique sur la paix, la sécurité et la gouvernance.
La Côte d'Ivoire porte fortement sa voix au 7e Sommet Union européenne-Union africaine, en Angola. « Promouvoir la paix et la prospérité grâce à un multilatéralisme effectif ». Tel est le thème qui concentre les 20 Chefs d'État, 5 vice-Présidents, 7 Premiers ministres, 11 ministres et 1 ambassadeur, à Luanda.
L'exercice est de taille. Amener les participants à trouver les bons leviers et les meilleurs équilibres entre la paix et la prospérité. Ce, dans une réflexion collective qui fait appel à l'intelligence d'une coopération intercontinentale.
En participant à la résolution de cette équation, la Côte d'Ivoire part avec un avantage comparatif. Il est revenu au Premier ministre, Robert Beugré Mambé, émissaire du Président de la République, Alassane Ouattara, de partager avec le monde les acquis de la Côte d'Ivoire, au cours du premier panel sur la paix, la sécurité et la gouvernance.
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En effet, la Côte d'Ivoire vit, depuis quelques années, une expérience éprouvée à trois dimensions : la paix, la stabilité et le développement. Pour Robert Beugré Mambé, c'est une vision intégrée face à la réalité des « menaces terroristes croissantes particulièrement dans les zones situées aux confins de nos frontières nord ».
Il développe : « La Côte d'Ivoire a accru ses investissements en matière de sécurité, afin de préserver l'intégrité de son territoire en renforçant la surveillance des frontières et la présence dissuasive des forces de défense et de sécurité. Elle a également renforcé ses capacités de renseignement, grâce au déploiement de moyens technologiques modernes ».
Approche scientifique
Pour assurer la sécurité financière, le pays a pris et intensifier les mesures contre le financement du terrorisme et le blanchiment d'argent. Cela se traduit par un contrôle renforcé des flux financiers et des transactions transfrontalières. Ce n'est pas tout. Dans une approche méthodique, la Côte d'Ivoire, au dire du Premier ministre, a voulu assurer une stabilité confortable, une fois la sécurité garantie.
C'est pourquoi le gouvernement a développé des programmes de sensibilisation en faveur des communautés locales. L'idée est de prévenir toute idéologie extrémiste et radicale. Lorsqu'il a garanti la sécurité, instauré la stabilité, le pays a créé les conditions de paix.
Concomitamment, il pouvait alors s'engager dans le développement, avec de grands projets pour la population ivoirienne en général. Mais aussi en initiant des programmes d'inclusion économique et sociale des populations des zones sensibles, pour réduire leur vulnérabilité. Étant entendu que « les groupes armés prospèrent principalement là où la précarité demeure », explique le Premier ministre.
La Côte d'Ivoire profite aujourd'hui des dividendes d'une telle expérience. Elle voudrait que les Africains et les Européens, dans leurs relations, en tirent des enseignements.
Partage d'expérience
« La paix, la sécurité et la gouvernance constituent les fondements indispensables à la survie de nos États et à l'épanouissement de nos populations. Cette articulation est particulièrement déterminante en Afrique de l'Ouest, région confrontée à des crises politico-militaires, à la menace terroriste et au crime organisé. Ces défis exigent de nous des réponses concertées, reposant sur la solidarité, la responsabilité et une volonté ferme de bâtir des institutions fortes, inclusives et résilientes », motive Beugré Mambé, face à l'assemblée, à Luanda.
L'émissaire ivoirien reste ferme sur un postulat : « L'Afrique est l'avenir du monde et ne doit plus être perçue comme une menace ». Il propose à la communauté euro-africaine de s'orienter vers des programmes régionaux et continentaux robustes.
Ces projets ont pour noms, le renforcement de la résilience des économie, le développement de l'éducation et la formation professionnelle, la garantie de la souveraineté alimentaire, l'amélioration de l'accès des peuples aux services sociaux de base, la réduction de la vulnérabilité des jeunes et des groupes fragiles, le suivi de la transition écologique et le développement de l'économie circulaire.
En clair, la Côte d'Ivoire, à travers son Premier ministre, Robert Beugré Mambé, invite l'Afrique et l'Europe à une approche multidimensionnelle de la coopération, s'appuyant sur des stratégies de prévention adaptées.
Le sommet de Luanda s'achève cet après-midi. Juste après, l'envoyé du Chef de l'État sera reçu en audience par le Président angolais.