Cameroun: La presse en deuil à l'Ouest - Une déconnexion brutale et fatale pour Robert Nkaké

26 Novembre 2025

Percuté par une moto et conduit aux urgences de l'hôpital régional de Bafoussam, ce journaliste, correspondant de Mutations à Bafoussam est décédé au petit matin du dimanche 23 novembre dernier. Il sera conduit aux limbes le samedi 29 novembre 2025 à Mbaka dans le département du Moungo.

Il est plus de 23 heures 30 ce samedi 22 novembre 2025. Après avoir pris une bière en compagnie de Yves Nasser Ghepnang, un infirmier avec qui il entretient des relations particulières et régulières, Robert Nkaké, familier du lieu-dit carrefour de « l'Auberge » à Bafoussam et correspondant du journal Mutations, n'est pas rentré à la maison.

Il est debout à proximité d'un kiosque achalandé de divers produits locaux et manufacturés et semble noyer ses soucis. Des hommes et des femmes sont là et sont assis sur un banc. Un banc qui n'est pas étranger à Robert Nkaké.

Tout comme, ces figures qu'il côtoie au quotidien. La propriétaire du kiosque est absente ce samedi soir. C'est l'un de ses fils qui sert des clients au rang desquels Robert Nkaké. La musique déchire l'atmosphère. Les sonorités musicales d'ici et d'ailleurs s'amplifient et manifestent des échos qui vont au-delà du carrefour... Les bruits et vrombissements des motos taxis renforcent cette ambiance de tintamarre.

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Choqués par cette disparition

Tenaillé, selon toute vraisemblance par la fatigue, Robert Nkaké a le visage flétri. Est-il renseigné qu'il vit cette ambiance « chaude de l'Auberge » pour la dernière fois de sa vie ? « A quatre heures du matin, on m'a appelé de l'hôpital régional pour m'informer que Robert Nkaké est décédé à la suite d'un accident de la voie publique », soutient Yves Nasser Ghepnang.

C'est cette nouvelle de la disparition subite et fatale de Robert Nkaké qui inonde les groupes whatsapp et diverses plateformes des journalistes et professionnels des médias exerçant dans la région de l'Ouest et crée une onde choc au-delà de la région de l'Ouest.

Honoré Feukouo, ancien de la rédaction de radio star et journaliste au quotidien gouvernemental Cameroon Tribune à Yaoundé, Gérard Ebendjé, ancien de radio Batcham actuellement à Yaoundé, Louis Victor Sangaly, chef de chaîne de radio Bonne Nouvelle à Bafoussam et Gilles Carlos Boumssi, un ancien de radio star, sont choqués par la nouvelle de la disparition de Robert Nkaké et insistent à savoir ce qui n'a pas marché...

Frank Epoma, journaliste reporter d'images dans un web télévision de la place et neveu du défunt est assailli par des messages qui se renseignent de la véracité de la triste nouvelle.

Une nouvelle bien difficile à admettre. Alors que des images des confrères en route pour la morgue de l'hôpital de Mbo à Bandjoun défilent et viennent convaincre les uns et les autres d'une chose : on ne verra plus la silhouette frêle et longiligne de Robert Nkaké, accrochant un sac en bandoulière à l'épaule et une écharpe marquée de rouges et de bleus au cou. Informé de cette situation, Léopold Nguelo, coordonnateur du Club Média Ouest (Cmo) est abattu. Mais il trouve la force pour rendre public une note nécrologique à cet effet.

« Le Coordonnateur Général du Club Média Ouest (Cmo), a le regret d'annoncer le décès du journaliste Robert Nkaké, correspondant du quotidien Mutation à l'Ouest. Décès survenu à 4h ce matin du dimanche 23 novembre 2025 à la suite d'un accident de la voie publique. Selon les informations recueillies auprès des témoins, le confrère a été violemment percuté par une moto qui s'est enfuie, vers 3h du matin.

Transporté aux urgences de l'hôpital, il rendra l'âme des suites d'une hémorragie cérébrale aiguë. Le corps est déposé à la morgue de l'hôpital protestant de Mbo-Bandjoun en attendant le programme des obsèques. En cette douloureuse circonstance, le coordonnateur général du Club Média Ouest (Cmo) adresse ses sincères condoléances à tous les proches et amis du défunt, ainsi qu'à sa famille nucléaire », écrit-il dans un communiqué publié sur la page facebook du Cmo.

Présidente régionale de l'antenne Ouest du Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc), Christelle Yimga est également tétanisée par cette triste nouvelle. Dans un communiqué, elle demande aux journalistes et aux camarades de "rester mobilisés et solidaires" dans l'optique de rendre un vibrant hommage à Robert Nkaké dont le programme des obsèques annonce qu'il sera inhumé le samedi 29 novembre 2025 à Mbaka dans le département du Moungo, région du Littoral.

« Parmi les imprévus, il dansait avec aisance, Chaque article une ode »

Ancien coordonnateur du Club Média Ouest et directeur de publication du journal Le Héraut National, Thomas Tankou entre dans le cercle des doyens de la presse à l'Ouest. Il a suivi les pas de Robert Nkaké de Radio Star à Mutations en passant par la radio universitaire Tankou et divers autres médias. Il déplore cette perte brute et tragique et rédige un texte intitulé : «Elégie post-mortem en la mémoire de Robert Nkake. »

« Dans l'écrin des mots, un virtuose était révélé, Un boulimique des lettres, un coeur vibratoire, Son humour éclatant, telle une étoile à briller, Dans le monde des plumes, il laissait son histoire. Parmi les imprévus, il dansait avec aisance, Chaque article une ode, une révolte joyeuse, Sa passion, un feu qui jamais ne s'avance, Des sujets improbables, il sculptait son oeuvre.

Un pisse-copies admirable, son style partagé », énonce-t-il pour célébrer Robert Nkaké. Et d'enchainer : « De Bafoussam à l'énigme, il illuminait l'air, Enseignant de la vie, un phare érigé, Sa plume était une arme, un chant d'éclair.O Robert, ami, ta voix résonne en échos, Comme le loup des fables, tu as défié le sort, Gémir n'était pas pour toi, mais rire comme un héros, Ton souffle d'humanité, à jamais nous emporte. »

Thomas Tankou conclut cet élégie post mortem en ces termes : « La mort a frappé, mais tu restes vivant, Ton rire, ton humour, nos âmes réchauffent, Dans le jardin des souvenirs, à l'infini flottant, Nous te porterons, cher ami, dans notre coffre.

Que là-haut, dans le ciel, tu trouves ta lumière, En un doux paradis où le rire jamais ne s'éteint, Ton dévouement, ta passion, à jamais éphémère, Robert, plume brillante, tu resteras notre lien. Un lien de connectivité avec la postérité et l'universalité.

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