Sénégal: Conception, montage, tests - Plongée dans les coulisses d'un satellite sénégalais (2/3)

26 Novembre 2025

Le montage d'un satellite n'a rien d'anodin, et les Sénégalais Ousmane Diop et Ismaïla Sall, deux acteurs clés du programme spatial national, en donnent un aperçu précis. Interrogés par Le Soleil, ils décrivent un travail où "la moindre erreur peut coûter cher", soulignant la rigueur nécessaire pour lancer un nanosatellite comme Gaindesat-1B.

Selon Ousmane Diop, technicien intégration et tests (AIT) au sein du programme Sensat, le montage d'un satellite exige beaucoup de précision et de discipline. « On assemble les différents modules du satellite - alimentation, caméra, communication, cartes électroniques, structure - puis on les intègre dans la structure en suivant un ordre très précis. Après chaque étape, des tests vérifient le bon fonctionnement. Viennent ensuite des tests spéciaux, vibrations, chaleur, vide, radio-fréquence, cruciaux pour s'assurer que le satellite résistera aux contraintes du lancement et de l'espace », a-t-il confié, indiquant que lorsque toutes les étapes sont validées, le satellite est prêt à être acheminé vers le site de lancement.

Selon lui, la durée totale d'un tel projet est comprise entre 1 et 3 ans. « Pour un satellite comme Gaindesat-1B, il faut compter 12 à 24 mois pour la conception, la fabrication et les tests au sol, plus quelques mois supplémentaires pour la logistique et la préparation du lancement », a-t-il détaillé.

De son côté, Ismaïla Sall, ingénieur en développement de systèmes spatiaux et responsable technique de Gaindesat-1A, confirme la complexité du processus. « Chaque module - OBC, panneaux solaires, modules RF, caméras, alimentation - est assemblé, configuré et testé indépendamment. Tous les sous-systèmes sont ensuite intégrés dans la structure du CubeSat », a-t-il fait savoir. L'expert ajoute : « Nous procédons à la vérification de la compatibilité mécanique, électrique et logicielle. Ensuite, le satellite subit des tests essentiels : vibrations, tests thermiques et vide, tests de communication, tests de charge utile, validation de l'autonomie. Chaque étape est minutieuse, car il n'y a pas de droit à l'erreur : une fois en orbite, aucune réparation n'est possible ».

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Pour l'ingénieur en développement de systèmes spatiaux, le calendrier est lui aussi rigoureux. « la conception, la fabrication et les tests prennent entre 18 et 36 mois selon la complexité et les contraintes de mission. La planification du lancement peut durer quelques semaines à plusieurs mois, puis du lancement au déploiement en orbite, il ne faut que quelques heures », a-t-il enfin expliqué.

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