Au compteur final, 80 Chefs d'État et de gouvernement ont pris part au 7e sommet Union européenne-Union africaine, en Angola. Une déclaration finale a sanctionné les travaux.
Fin du sommet Afrique - Europe le 25 novembre 2025, en début d'après-midi à Luanda en Angola. La délégation ivoirienne, conduite par le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, peut dire mission accomplie. Elle a participé à tous les travaux, qui souvent se sont poursuivis tard.
« Ce sommet a mis en évidence que l'Europe et l'Afrique sont des continents complémentaires. L'avenir nous indique qu'il faut amplifier cette coopération, l'actualiser et améliorer ses performances dans l'intérêt de nos deux communautés africaine et européenne », conclut le Premier ministre, à la fin des travaux.
Pour les participants en effet, les deux continents ne sont pas que voisins, ils sont des partenaires. La déclaration dite de Luanda, engageant les 80 Chefs d'Etat et de gouvernement de 13 pages, comporte 49 points. Le sommet admet entre autres, qu'il faut investir dans l'homme.
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Les ressources humaines sont un vivier important des relations entre les deux continents. Il n'y a de valeur que d'homme et les deux parties comptent en tenir compte. Ce volet comporte plusieurs aspects.
Le premier est de considérer la mobilité des citoyens. « Nous rappelons notre engagement à approfondir la coopération et le dialogue sur les migrations et la mobilité d'une manière globale, intégrée et équilibrée, fondée sur une responsabilité et un engagement partagés dans le plein respect du droit international et des droits de l'homme », indique la déclaration. Elle fait aussi mention du soutien à apporter aux personnes déplacées de force à cause des conflits, d'un pays à un autre.
Les assises de Luanda n'oublient pas la nécessité de renforcer la coopération pour la promotion de voies légales de migration pour les étudiants, chercheurs et enseignants.
Investir dans l'humain
« Nous soutenons la reconnaissance des diplômes de l'enseignement supérieur et professionnel. Nous reconnaissons la nécessité de soutenir les pays d'origine en investissant dans les personnes, notamment les jeunes, par le biais d'initiatives de renforcement des capacités, d'éducation, de recherche, de compétences, de formation professionnelle, d'emploi et de développement socio-économique », souligne le rapport.
Le deuxième point est de soutenir les politiques d'éducation et de formation. Luanda s'intéresse par ailleurs à la qualité de ces ressources humaines. Ce qui explique qu'un point d'honneur est mis sur le dispositif de santé. Sur le sujet, le sommet relève : « Le programme africain pour la sécurité et la souveraineté sanitaires, dirigé par le Centre africain pour le contrôle et la prévention des maladies (Cdc-Afrique), est une étape clé vers un système de santé plus autonome et plus résilient en Afrique ».
Le sommet Afrique - Europe évoque aussi les échanges commerciaux. La diversification des produits proposés par les pays africains, leur industrialisation, leur intégration dans les marchés régionaux devront bénéficier de l'appui de leurs partenaires européens. Les industries locales doivent constituer un maillon important par leur participation aux marchés régionaux et mondiaux.
C'est pourquoi, le sommet estime qu'il est bon d'accélérer la mise en oeuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Les relations Ue - Ua doivent permettre aussi d'éclairer les populations. En cela, la coopération dans le secteur de l'énergie prévoit de sortir du noir 100 millions d'Africains, à l'horizon 2030.
Créer un climat de paix et de stabilité
Sortir cette population ne suffit pas. Le continent on le sait, est fortement agricole. « Nous partageons l'avis selon lequel l'agriculture, la pêche, l'aquaculture et la sécurité alimentaire sont des intérêts communs fondamentaux de l'Afrique et de l'Europe, qui constituent des atouts essentiels pour la prospérité et la durabilité en contribuant à la croissance et à l'emploi sur les deux continents », mentionne la déclaration de Luanda.
Aussi, le Programme détaillé pour le développement de l'agriculture en Afrique (Pddaa), en tant qu'initiatives stratégiques visant à accélérer les progrès dans les domaines clés du développement agricole, y compris la nutrition, peut apporter une réponse appropriée à cette problématique.
Toutes ces initiatives ne peuvent prospérer que dans un climat de sécurité et de paix. Toute chose qui justifie d'ailleurs le thème de ce 7e sommet Ue - Ua, « promouvoir la paix et la prospérité grâce à un multilatéralisme effectif ». C'est pourquoi, la déclaration stipule : « Nous réitérons notre soutien indéfectible à une paix juste, globale et durable en Ukraine, dans les territoires palestiniens occupés, au Soudan, au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo (RDC), au Sahel, en Somalie et dans d'autres guerres et conflits à travers le monde ».
Diversité biologique, fracture numérique, gestion de la dette, lutte contre les changements climatiques avec l'objectif de mobiliser annuellement 300 milliards de dollars (soit 160 000 milliards de FCfa) en faveur des pays africains, coopération fiscale internationale inclusive, sont, entre autres, autant de points qui font l'objet de l'attention de la déclaration de Luanda.
En quittant la capitale angolaise, les Chefs d'Etat et de gouvernement ont pris rendez-vous pour 2028. Année retenue pour le 8e sommet en terre européenne, à Bruxelles, en Belgique. Se donnant ainsi trois années pour mettre en pratique les résolutions contenues dans la déclaration de Luanda.