Madagascar précise son orientation diplomatique. À l'occasion d'une longue interview filmée accordée au média Russia Today, le président de la Refondation Michael Randrianirina a rappelé « être ouvert à tout le monde » sans que cette position ne soit une raison « d'inquiéter la France ». Retour sur les propos du chef de l'État et les réactions qu'ont entrainé ses annonces dans le pays.
« On est là pour s'ouvrir à tout le monde. Dès que le partenariat est gagnant-gagnant et peut profiter au peuple malgache, nous, on est toujours prêts ». C'est en ces mots que le président malgache a réaffirmé sa position diplomatique sur le média Russia Today.
Pour Raoto Andriamanambe, analyste politique et spécialiste des relations internationales, le chef de l'État a été stratégique en jouant la carte de la prudence : « Il ne faut pas oublier que la séquence intervient dans le sillage de l'adoption de la loi de finance. Pour être très clair, Madagascar est encore tributaire de d'aide budgétaire et d'aide publique au développement. Donc, il a choisi de ne pas faire une rupture brutale comme on l'aurait pensé avec l'Occident. »
Pas de « rupture »
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« Il n'a pas choisi cette approche de la rupture comme les pays du Sahel qui ont décidé littéralement de couper le pont diplomatique avec la France, poursuit cet analyste politique. En revanche, il a choisi de s'exprimer dans un média pro-gouvernement russe, ce qui marque un certain choix diplomatique. Finalement, je pense que le président de la Refondation a choisi de ne pas choisir. »
Travailler avec tout le monde, donc, « mais surtout, avec les Africains, parce que moi, je suis Africain » a souligné le colonel Michaël. Tsimihapa Andriamazarivo, observateur de la vie publique au sein de l'ONG Tolotsoa, voit dans cette insistance de nouvelles perspectives : « Le fait que le président de la Refondation s'est revendiqué du panafricanisme africain laisse sous-entendre aussi que, peut-être enfin, Madagascar va tirer parti du fait de son appartenance à plusieurs organismes de coopération régionale comme la Comesa ou la SADC. »
« Nouveaux liens commerciaux »
« Et qu'on pourra développer de nouveaux liens commerciaux, dit encore Tsimihapa Andriamazarivo. Récemment, on a eu l'Agoa qui a pris fin avec le marché américain, donc il est important aussi qu'on se concentre sur ce qui est proche de nous, sur le marché africain. Ce marché qui sera dans les prochaines années un des marchés en forte croissance en termes économiques et en termes de ressources humaines ». Questionné sur les Îles Éparses, le président a fait savoir que, « puisque le sujet tenait à coeur aux Malgaches », il poursuivrait les négociations avec la France.