La Guinée-Bissau a replongé mercredi dans l'instabilité après qu'un groupe d'officiers a annoncé, à la télévision d'État, avoir renversé le président Umaro Sissoco Embalo. Information rapportée par le site Mena Today.
Les putschistes ont proclamé la suspension du processus électoral, la fermeture des frontières et l'instauration d'un couvre-feu, affirmant diriger désormais le pays sous l'appellation de « Haut Commandement militaire pour la restauration de l'ordre ».
Cette prise de pouvoir survient à la veille de l'annonce des résultats provisoires de l'élection présidentielle de dimanche, un scrutin tendu où Embalo affrontait son principal rival, Fernando Dias. Les deux camps avaient revendiqué la victoire dès le premier tour.
Plus tôt dans la journée, des tirs ont été entendus près du siège de la commission électorale, du palais présidentiel et du ministère de l'Intérieur à Bissau. Le calme serait revenu après environ une heure d'échanges de coups de feu. Aucun bilan n'a été communiqué.
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Les circonstances restent floues. Le camp Embalo accuse des hommes liés à Fernando Dias d'avoir tenté d'empêcher la publication des résultats, sans fournir de preuves. De son côté, l'ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira - soutien de Dias - dément toute implication et affirme que le candidat se trouvait en réunion avec des observateurs électoraux au moment des tirs.
La Guinée-Bissau, petit État d'Afrique de l'Ouest, est coutumière des crises politiques : depuis son indépendance en 1974, elle a connu au moins neuf coups ou tentatives de coups d'État. Embalo, au pouvoir depuis 2020, affirme avoir échappé à trois tentatives de putsch au cours de son mandat.