Centrafrique: Plaidoiries à la CPI contre un ancien commandant de la Seleka

Les juges de la Cour pénale internationale ont entamé mercredi 26 novembre leur délibéré dans l'affaire visant un ex-commandant de la Seleka. Mahamat Saïd Abdel Kani doit répondre de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre commis entre avril et août 2013 en Centrafrique, après la chute du président François Bozize. Lundi, le procureur a demandé aux juges de le déclarer coupable de sept chefs d'accusation de torture, détentions arbitraires et persécutions. Pour clore ces audiences, la parole était à la défense.

Les avocats de Mahamat Saïd Abdel Kani ont d'abord contesté les preuves de l'accusation. Ils ont ensuite rejeté les accusations de crimes de guerre, affirmant qu'il n'y avait à l'époque pas de guerre déclarée. Les crimes ont été commis par des éléments incontrôlés, selon les avocats, et ne peuvent donc être qualifiés de crimes contre l'humanité, car il n'y avait aucune planification politique.

L'affaire ne devait pas être jugée à la CPI, selon maître Jennifer Nahouri. « Il nous appartient à tous de rendre aux Centrafricains leur destin et de rendre monsieur Saïd à son pays, seul à même de se positionner. La République centrafricaine est un pays dont les africanistes disent que le destin a été volé, affirme-t-elle. Ne lui prenons pas plus, redonnons-lui son autonomie, en lui rendant sa compétence. C'est là où le procès prend tout son poids. L'accusation n'a pas présenté un dossier qui relève de la justice pénale internationale. Elle a déraciné monsieur Saïd, qui a payé le prix de sa santé pour répondre des faits qui lui sont reprochés. »

Les juges se sont retirés pour délibérer. Selon les standards de la Cour pénale internationale, il faudra plusieurs mois avant de connaître leur verdict.

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