Mandaté par leurs avocats, le Norvégien Mads AndenaEs vient de publier un rapport dans lequel il émet de vives critiques sur les conditions de détention et sur les procédures qui ont conduit en prison les deux hommes restés proches de l'ancien président Macky Sall.
Une détention provisoire abusive et des conditions de détention contraires aux normes internationales : c'est ainsi que l'ancien président-rapporteur du groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire, le Norvégien Mads AndenaEs, qualifie la détention de deux proches de l'ex-président sénégalais Macky Sall, le député Farba Ngom et l'ancien ministre Moustapha Diop, dont il demande en conséquence la libération immédiate.
Mandaté par les avocats des deux hommes respectivement incarcérés depuis le 27 février et le 22 mai dernier dans le cadre d'affaires financières, Mads AndenaEs vient de publier un rapport dans lequel il estime d'abord que les procédures qui les visent contreviennent aux engagements internationaux du Sénégal, en particulier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
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Leurs cas n'ont pas été examinés « par un juge indépendant. S'il s'agit d'une spécificité du système sénégalais, celle-ci est critiquée depuis longtemps par l'ONU et par d'autres organisations humanitaires » relève ainsi le professeur de droit norvégien qui pointe par ailleurs l'absence de notification claire des charges qui pèsent sur eux ainsi que le recours systématique à la détention provisoire, qu'il qualifie d'« abusive ».
Concernant Farba Ngom, Mads AndenaEs s'inquiète aussi de son état de santé dégradé et estime que ses conditions de détention ne respectent pas les standards requis. « La décision a été prise de l'orienter vers une unité médicalisée de la prison mais, si j'ai compris, il n'y a pas d'unité médicale pour les personnes en détention provisoire au Sénégal. [Farba Ngom] a donc simplement été gardé en prison dans des conditions qui ne correspondent pas aux normes internationales », poursuit-il, regrettant au passage de ne pas avoir pu rencontrer les autorités sénégalaises pour la rédaction de son rapport.