Sénégal: Exceller ou disparaître - Le signal d'alarme du Quality Leaders Summit

27 Novembre 2025

Dans un environnement mondial marqué par l'incertitude et une recrudescence des défaillances, l'excellence financière s'impose comme un critère vital de survie pour les entreprises. C'est dans ce contexte que Coface a organisé, hier lundi 26 novembre, la première édition du Quality Leaders Summit, un espace consacré à la gouvernance, à la transparence et à la solidité financière. Trois voix fortes celles d'El Hadji Malick Ba, d'Alla Sène Guèye et d'Alioune Sall ont rappelé l'urgence d'une transformation profonde des pratiques.

Pour El Hadji Malick Ba, Business Information Manager West & Central Africa chez Coface, les chiffres parlent d'eux-mêmes : plus de la moitié des start-up sénégalaises disparaissent au bout d'un an, et la majorité des PME ne dépasse pas cinq ans.

Des fragilités qui s'expliquent par « une qualité de management insuffisante, une faible adaptation aux mutations du marché et des problèmes de gouvernance ». Selon lui, l'excellence financière repose sur trois piliers : une vision stratégique claire orientée vers la performance durable, une maîtrise fine des risques - notamment du risque client, responsable d'environ 40 % des défauts d'entreprises - et une gouvernance rigoureuse fondée sur des comptes fiables. « Exceller financièrement, c'est maintenir la résilience dans la durée en adoptant une gestion transparente et disciplinée », résume-t-il.

Cette exigence est pleinement assumée par les industriels, comme l'a souligné Alla Sène Guèye, président de la Fédération nationale des industries du Sénégal. Bien que représentant seulement 11 % des entreprises déposant des états financiers, ils génèrent 40 % de la valeur ajoutée et 65 % des actifs nets du pays.

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« L'excellence n'est plus un avantage, mais une nécessité », insiste-t-il. Face aux fluctuations des prix mondiaux, du fret ou de l'énergie, les industriels s'adaptent : conversion des centrales vers le gaz naturel, développement du solaire, intégration locale dans l'emballage ou la métallurgie, investissements dans la transformation des minerais. Ces efforts témoignent d'une même quête : renforcer leur compétitivité en consolidant leurs fondamentaux financiers.

Pour le banquier Alioune Sall, cette quête ne peut aboutir sans transparence. « Le monde est gouverné par l'information », rappelle-t-il, soulignant le rôle décisif des données financières de qualité. L'excellence, selon lui, repose sur la performance, mais aussi sur la qualité du management et la capacité d'anticipation.

Comme avec un médecin, cacher sa situation à son banquier fragilise l'entreprise : « Une entreprise transparente sera accompagnée, même dans la difficulté. » Dans un contexte où les chocs externes peuvent rapidement emporter des acteurs pourtant solides, la gestion prudente des engagements, la circulation fluide de l'information et l'honnêteté des relations clients-fournisseurs deviennent des atouts stratégiques.

À travers ce sommet, Coface entend ainsi promouvoir une culture partagée de l'excellence financière, indispensable pour bâtir des entreprises résilientes, attractives et crédibles dans un monde en pleine mutation.

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