Madagascar: Expression - Faut-il encore attendre ?

Madagascar a tellement chaud que le gouvernement a gelé des comptes ! Avoir illicite, détournement de fonds en sont les causes. Les observateurs félicitent l'initiative. La culture d'impunité n'est plus. En sus, ceux qui détiennent des « matériels... roulants » appartenant à l'État doivent les rendre au plus tôt. C'est sans rappeler les paroles de la Bible qui dit « Rendez à César ce qui est à César, (...) ». Là encore, on sent ce changement tant voulu.

Lorsque le président de la Refondation a ouvertement avoué : « Je toucherai uniquement mon salaire en tant que colonel », à l'entendre, les compatriotes disent : « mes respects mon colonel, sage décision ! ». Cela fait 1 mois et 10 jours que les intendants de la refondation sont aux commandes du pays. La période est sans doute au tâtonnement. À part les trois objectifs fondamentaux : l'éducation, la santé et l'amélioration des conditions de vie, les autorités ont tendance à faire pencher le trébuchet. Dans son coin, le bas peuple a perdu le sens de la réalité. Il veut un décollage immédiat de l'économie, aussi rapide comme l'exfiltration de l'autre vers Dubaï ! Ce take-off n'aura malheureusement pas lieu sans cohésion. « Le développement de ce pays dépend de nous. N'attendons pas le système », Kelly Philippe, un étudiant de l'Université d'Antsiranana en est bel et bien conscient.

Le problème est que beaucoup de jeunes n'adoptent pas cette perspective. « Ils ont pris le pouvoir, qu'ils fassent quelque chose », réclame Neillo Zarandrefana, un autre jeune universitaire. La pression est palpable ! Madagascar n'est pas une ville, c'est une nation qui s'étend sur plus de 590.000 km². Chaque région a ses difficultés, le point de vigilance serait de ne pas confondre vitesse et précipitation. Ce qui est important n'est pas forcément urgent toutefois, la Grande-île est aussi en état d'urgence. Qu'en est-il des entreprises privées et surtout publiques souffrant dans l'agonie ? Indépendamment de la JIRAMA dont les problèmes ne sont plus à présenter, outre les entreprises qui ont largement répondu au besoin de sa main-d'œuvre dans les régions comme la Secren, poumon économique du Nord, la plupart des sociétés malgaches sont en déclin. Pourtant, elles jouent un rôle essentiel dans le développement social.

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Le comble, bien que la volonté sincère de développer le pays demeure, les dirigeants ont hâte d'accéder au pouvoir sans dresser une directive claire. C'est en forgeant que l'on devient forgeron ! L'histoire rapporte que les présidents qui se sont succédé n'étaient pas préparés. Quant aux spécialistes de la planification, ils ne peuvent se réjouir de leurs efforts, car ils se font régulièrement écarter par des acteurs plus rusés.

En somme, le régime actuel a deux ans pour renverser la vapeur. Oui, ça passera vite ! Toutefois, la population a également sa part de responsabilité.

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