Afrique: L'Onusida s'inquiète des coupures brutales des financements internationaux

Winnie Byanyima Directrice exécutive de l'ONUSIDA et ex-directrice d'Oxfam international.

A moins d'une semaine de la journée mondiale de lutte contre le VIH/sida, la directrice exécutive de l'Onusida, Winnie Byanyima, a exprimé face à la presse cette semaine à Genève, ses inquiétudes suite aux coupes budgétaires brutales, compromettant l'efficacité des services de prévention et de traitement.

Il s'agit d'une véritable crise de l'aide internationale qui n'est pas sans conséquences pour les pays les plus touchés par le VIH/sida. En 2024, près de 19 milliards USD étaient alloués à la riposte mondiale au sida. Cela représente 17% de moins par rapport aux besoins annuels jusqu'en 2030. La situation met sérieusement en péril les progrès déjà enregistrés à l'échelle mondiale en matière de lutte contre le VIH/sida.

VIH/sidaLa baisse des financements internationaux n'est pas un phénomène nouveau. Selon l'Onusida, une baisse progressive était observée depuis environ une décennie. Seulement, les coupes budgétaires ont été nettement plus importantes ces dernières années.

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Les conséquences de cette réduction des financements se font ressentir dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, notamment en Afrique. En Éthiopie et en République Démocratique du Congo, des ruptures de stock de kits de dépistage ont été rapportées. De même, les services de prévention subissent les impacts des coupes budgétaires en faveur de la lutte contre le VIH/sida. En 2024, sur 40,8 millions de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) à travers le monde, plus de 9 millions n'ont accès à aucun traitement. Il est à craindre une montée en flèche du nombre de nouvelles infections, estimées à 3,3 millions d'ici à 2030, en l'absence de mesures adéquates, notamment la restauration de la solidarité mondiale en matière de lutte contre le VIH/sida, qui s'est disloquée au fil des années.

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