Dans un petit champ en Somalie, une agricultrice se penche pour cueillir des melons frais -- elle est l'une des nombreuses bénéficiaires du Programme de résilience à la sécheresse et de développement des moyens de subsistance durables.
Son exploitation florissante témoigne avec force de ce qui est possible lorsque les communautés ont un meilleur accès à l'eau et aux ressources productives, et que le danger de la sécheresse s'estompe. Une de ces scènes qui montrent le volet humain d'un tournant plus large que connaît actuellement la Somalie : une transition fragile, mais prometteuse, marquée par l'amélioration de la sécurité, l'élargissement du dialogue politique et un nouvel élan en matière de réformes.
Mais des défis persistent. La Somalie reste confrontée à un important déficit d'infrastructures, à des chocs climatiques, à des déséquilibres macroéconomiques, à des coûts de financement élevés pour le secteur privé et à de faibles capacités institutionnelles et humaines. Ces contraintes structurelles, combinées à la fragilité socio-économique et à une marge de manoeuvre budgétaire limitée, définissent toujours la réalité quotidienne de millions de personnes. Face à cette réalité, la trajectoire de développement du pays exige à la fois de la résilience et des institutions publiques plus efficaces, capables de fournir des services essentiels.
C'est à ce moment charnière que le Conseil d'administration du Groupe de la Banque africaine de développement a publié son nouveau Document de stratégie pays (DSP) 2025-2030 pour la Somalie -- une feuille de route ambitieuse conçue pour renforcer les institutions de l'État, développer les infrastructures essentielles et accélérer la croissance économique inclusive.
Élaborée en étroite collaboration avec les autorités gouvernementales, la société civile, le secteur privé et les partenaires au développement, cette stratégie reflète les conclusions d'une note de diagnostic pays rigoureuse qui a mis en évidence les moteurs sous-jacents de la fragilité.
La stratégie se concentre sur deux domaines prioritaires qui guideront le soutien de la Banque au cours des cinq prochaines années : des infrastructures durables et de qualité pour une économie résiliente et une gouvernance financière et économique plus solide pour un État plus fort et une économie inclusive.
La Banque intensifiera ses investissements dans les domaines de l'énergie, des transports, de l'eau et de l'assainissement, renforçant ainsi l'épine dorsale de l'économie somalienne. Ce faisant, la Somalie bénéficiera d'une électricité plus fiable et plus abordable pour alimenter la croissance des entreprises, de corridors de transport améliorés pour relier les communautés rurales aux marchés et aux services, et d'un accès élargi à l'eau potable et à l'assainissement pour les communautés afin d'améliorer la santé publique et de réduire la vulnérabilité à la sécheresse et aux déplacements de population.
La nouvelle stratégie pour la Somalie renouvelle l'accent mis sur les réformes de la gouvernance économique afin d'aider le pays à approfondir les réformes de la gestion des finances publiques pour une plus grande transparence ; et à améliorer la mobilisation des recettes, à moderniser les systèmes douaniers et à renforcer les capacités institutionnelles et humaines pour attirer les investissements privés.
Combinées, ces nouvelles priorités stratégiques aideront la Somalie à s'attaquer aux facteurs durables de fragilité, tels que la faiblesse des institutions, la faible productivité, les infrastructures inadéquates et la vulnérabilité au climat, tout en favorisant la diversification et la résilience dans tous les secteurs.
La nouvelle stratégie est alignée sur la Vision du centenaire 2060 de la Somalie, son Plan national de transformation (2025-2029) et la Stratégie décennale de la Banque elle-même.
En dévoilant le DSP, Bubacarr Sankareh, conseiller principal des opérations de la Banque africaine de développement pour la Somalie, a souligné son importance. « Ce DSP a été élaboré en étroite collaboration avec les autorités gouvernementales, la société civile, le secteur privé et les partenaires au développement afin d'accroître les opportunités économiques et la création d'emplois, tout en améliorant la résilience climatique grâce à des infrastructures climato-intelligentes et en renforçant la capacité de l'État à fournir des services essentiels et à gérer efficacement les ressources publiques », a-t-il déclaré.
En outre, a noté M. Sankareh, le DSP a été étayé par une analyse rigoureuse de la note de diagnostic pays qui a identifié les défis structurels sous-jacents et les facteurs de fragilité auxquels la Somalie est confrontée, notamment le déficit important en infrastructures, le coût élevé du financement pour le secteur privé, les déséquilibres macroéconomiques persistants, les chocs climatiques, la fragilité socio-économique et la faiblesse des capacités institutionnelles et humaines.
La stratégie arrive à un moment charnière où la Somalie navigue dans une transition fragile, mais prometteuse, marquée par une amélioration de la sécurité, un dialogue politique élargi et un nouvel élan de réforme. Pourtant, le pays reste confronté à de profonds défis structurels, allant des chocs climatiques à une marge de manoeuvre budgétaire limitée, en passant par un déficit d'infrastructures important.
« Cette stratégie vise à libérer le potentiel de la Somalie en investissant dans les fondements de la compétitivité du secteur privé par la mise en place d'institutions solides, d'infrastructures résilientes et d'une croissance inclusive qui touche toutes les communautés », a conclu M. Sankareh.