Madagascar: Baisse du prix de l'Internet - L'État maintient sa position

L'accès à un service numérique abordable constitue une préoccupation majeure à Madagascar.

Le Groupement des opérateurs de Télécommunications de Madagascar (GTM) s'est défendu suite à la déclaration des quatre ministres sur la chaîne nationale concernant la baisse du prix de l'Internet. Il s'agit des ministres du Développement numérique, de l'Économie et des Finances, de la Communication et de l'Enseignement supérieur. Le GTM affirme qu'il acceptera une baisse de prix de l'Internet à condition que des taxes jugées pénalisantes soient supprimées.

L'État veut maintenir sa position. « Depuis l'ouverture des discussions, les ministères concernés ont demandé des baisses réelles, simples et visibles, applicables immédiatement sur les forfaits que les Malgaches utilisent au quotidien en vue de garantir un accès équitable au numérique et protéger le pouvoir d'achat des citoyens », a-t-on appris via un communiqué conjoint des ministères concernés.

Injuste

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L'État désapprouve le fait que les opérateurs ne proposent que trois petites offres conditionnées et temporaires. Actuellement, les forfaits mobiles proposés incluent des données limitées, soit de 3 000 Ar pour 1,1Go, 5 000 Ar pour 2,5 Go et 10 000 Ar pour 5,5Go. « Ces offres n'ont rien d'une baisse structurelle. De plus, une inégalité flagrante existe entre les consommateurs. Les ménages à faibles revenus paient l'internet beaucoup plus cher que les plus riches. En effet, pour un Malgache qui n'a que 500 Ar par jour à consacrer à la connexion, 1Go lui revient à 5000 Ar tandis que pour une personne capable d'acheter un forfait 200 000 Ar, 1Go lui revient à seulement 2 000 Ar. Cette situation est injuste et socialement intenable. Elle pénalise les jeunes, les familles modestes et les ruraux », selon les ministères.

Sans condition

Dans le même communiqué conjoint, l'État persiste dans sa demande pour que la baisse des prix de l'Internet soit réelle, immédiate et sans condition. « Aucun avantage fiscal ne sera accordé en échange de gestes limités et ponctuels. L'intérêt général prime sur toute revendication sectorielle. Les Malgaches veulent une vraie baisse des prix tandis que l'État ne laissera pas les opérateurs décider du rythme du progrès numérique du pays », a-t-il affirmé. En cas de refus de ces opérateurs, le gouvernement envisage d'agir par l'ouverture de la concurrence et par mesures législatives pour faire respecter la volonté du peuple malgache. Le communiqué se clôt sur la phrase suivante : « Plusieurs décrets pour encadrer les pratiques commerciales tout en protégeant les consommateurs en vue de mettre fin aux obstacles artificiels qui freinent l'accès au numérique, seront d'ailleurs préparés ».

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