Luanda — L'Union africaine (UA) a décidé vendredi de suspendre, avec effet immédiat, la participation de la Guinée-Bissau à toutes ses activités, suite au coup d'État militaire du 26 novembre.
Cette décision figure dans le communiqué final de la 1315e réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, tenue en session extraordinaire.
Selon le document, la suspension concerne tous les organes et institutions de l'UA et restera en vigueur jusqu'au rétablissement de l'ordre constitutionnel dans le pays.
Cette mesure s'appuie sur les instruments juridiques de l'organisation continentale, notamment le Protocole instituant le CPS et la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.
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Le CPS a exprimé son plein soutien à la déclaration de la session extraordinaire du Conseil de médiation et de sécurité de la CEDEAO, tenue le 27 novembre, ainsi qu'à la note publiée par le président de la Commission de l'UA le jour du coup d'État, qui condamnait fermement la prise de pouvoir par les militaires.
L'instance a également salué la déclaration conjointe publiée par les missions électorales de l'UA, de la CEDEAO et du Forum des Sages d'Afrique de l'Ouest sur la situation postélectorale.
Le Conseil a exigé la libération immédiate et inconditionnelle de tous les responsables électoraux et personnalités politiques détenus, afin de garantir leur sécurité et leur dignité.
Il a également appelé les États membres de l'UA et la communauté internationale à rejeter toute tentative de légitimation du régime instauré par la force.
L'organisation a exhorté les autorités militaires guinéennes à respecter le droit national et à permettre à la Commission Nationale Electorale de mener à bien le processus électoral, notamment la proclamation des résultats et l'investiture du vainqueur.
Le CPS a averti que toute nouvelle ingérence militaire dans le processus politique entraînerait l'imposition de sanctions spécifiques contre toutes les personnes impliquées dans le coup d'État.
Parallèlement, il a salué le comportement pacifique des citoyens durant la période électorale, y voyant un signe de maturité démocratique et un fondement de la stabilité du pays.
Le Conseil a chargé la Commission de l'UA de collaborer avec la CEDEAO, le CPLP et d'autres partenaires internationaux afin d'aider la Guinée-Bissau à un retour rapide à la normalité constitutionnelle.
Ce soutien devrait inclure un dialogue national et des réformes institutionnelles.
La déclaration appelle les auteurs du coup d'État à garantir la sécurité et à faciliter le retrait des observateurs électoraux internationaux présents dans le pays.
L'UA soutiendra également le renforcement de la Mission d'appui à la stabilisation de la CEDEAO en Guinée-Bissau afin d'assurer la protection des institutions de l'État et de prévenir les actes de violence.
Le Centre de l'UA pour la reconstruction et le développement post-conflit, basé au Caire, a été chargé de maintenir le contact avec les institutions guinéennes afin de soutenir les projets visant à prévenir une nouvelle crise politique.
Le CPS a également recommandé la création d'un mécanisme de suivi de la situation dans le pays, en coordination avec la CEDEAO, et a exprimé sa gratitude à l'ancien président mozambicain Filipe Nyusi pour son rôle à la tête de la mission d'observation électorale de l'UA.
L'organisation a annoncé la tenue d'une réunion de haut niveau en février, en marge du prochain sommet de l'Union africaine, afin d'analyser la multiplication des changements de gouvernement anticonstitutionnels sur le continent.
L'Union africaine a réaffirmé sa vigilance et son engagement à rétablir la légalité constitutionnelle en Guinée-Bissau.
ART/SB