Ile Maurice: Adrien Duval ciblé, le PMSD réagit

30 Novembre 2025
press conference

Le déroulement de la séance parlementaire de mardi dernier a occupé une grande partie de la conférence de presse du Parti Mauricien Social Démocrate (PMSD) d'hier. Pour les dirigeants du parti, les échanges visant Adrien Duval - alors seul membre de l'opposition présent en Chambre - ont dépassé les limites du débat démocratique. Ils dénoncent une attitude «agressive», «disproportionnée» et révélatrice d'une «dérive inquiétante» du climat parlementaire.

Outre les critiques récurrentes sur le tempérament de Paul Bérenger, jugé inacceptable et agressif, les intervenants ont détaillé le déroulement de la séance. Patrice Armance, l'un des principaux intervenants, n'a pas mâché ses mots. Il a accusé plusieurs membres du gouvernement d'entretenir «une arrogance du pouvoir» et de nourrir «une haine acharnée envers un député de l'opposition». Selon lui, certains ministres «provoquent intentionnellement» leurs adversaires politiques, allant jusqu'à qualifier l'attitude du numéro 3 du gouvernement, Shakeel Mohamed, de «théâtrale» et «indigne du niveau parlementaire».

Aurore Perraud a fait un parallèle avec le phénomène du bullying qui prend de l'ampleur dans les écoles mauriciennes: «Comment dénoncer le bullying à l'école quand il commence dans l'hémicycle ?» L'ancienne ministre a insisté sur l'image renvoyée à la population, notamment aux jeunes. Elle estime que cette scène parlementaire témoigne d'«une frustration accumulée depuis un an» et d'un Parlement qui «n'a jamais été autant rabaissé».

Olivier Barbe et Mahmad Khodabaccus ont également pris la parole pour défendre Adrien Duval. «Ils nous empêchent d'exprimer la voix de ceux qui nous ont élus», ont-ils déclaré, tout en rappelant que l'opposition représente «plus d'un millier de Mauriciens». Les intervenants s'accordent pour dire que, malgré sa majorité écrasante, le gouvernement devrait faire preuve de retenue et de respect envers l'opposition.

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Au moment des questions-réponses, les membres du PMSD ont aussi abordé d'autres sujets nationaux, notamment la réforme électorale, le coût de la vie et l'organisation du Festival Kreol. Sur ce dernier point, Mahmad Khodabaccus s'est dit «déçu» d'une édition qu'il juge «au rabais». «On ne célèbre plus la créolité : on organise une imitation, pas à la hauteur», a-t-il lancé.

Concernant la réforme électorale, il accuse le gouvernement de «jouer la montre» : «Nous ne pouvons pas travailler sur des réformes fantômes.» Selon lui, la population «n'accorde plus sa confiance» et «le bluff du changement est terminé».

En conclusion, le PMSD estime que les événements de mardi traduisent un climat politique qui se dégrade. Le parti appelle à un fonctionnement parlementaire «digne», capable d'accueillir la contradiction sans sombrer dans «la violence verbale» ou «l'acharnement orchestré». Les dirigeants appellent également la présidente de l'Assemblée à «se ressaisir». Selon eux, Adrien Duval s'est retrouvé isolé face à des attaques répétées, ce qui, disent-ils, «porte atteinte à la dignité du Parlement».

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