La première édition du Festival des Arts et de la Culture de l'Afrique de l'Ouest (ECOFEST) s'est ouverte hier, dimanche 30 novembre, au Grand Théâtre de Dakar, sous la présidence du Premier ministre Ousmane Sonko, représentant le chef de l'État Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
Occasion pour le chef du gouvernement de faire un plaidoyer fort pour l'intégration culturelle ouest-africaine et de réaffirmer la place centrale de la culture dans la construction de l'unité ouest-africaine. Placé sous le thème « Mutations et crises politiques : que peut faire la culture ? », le festival Ecofest qui se tient jusqu'au 7 décembre prochain, explore la force des arts comme leviers d'unité, d'intégration et de créativité sous régionale, avec au Musée des Civilisations Noires (MCN) les rencontres professionnelles.
La cérémonie d'ouverture du festival a réuni un parterre de personnalités : représentations consulaires et diplomatiques, délégations ministérielles venues de Côte d'Ivoire, du Bénin, du Cap-Vert, du Mali et des deux Guinées, entre autres pays membres de la communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Dans un discours vibrant et longuement applaudi, le Premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé la place centrale de la culture dans la construction de l'unité ouest-africaine.
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Le Premier ministre a rappelé que l'intégration culturelle a toujours précédé l'intégration politique en Afrique de l'Ouest, citant les grands empires du Ghana, du Mali et du Songhaï ainsi que les communautés linguistiques et culturelles qui ont résisté aux frontières coloniales. « Notre histoire est celle d'une continuité humaine et géographique que rien n'a pu briser », a-t-il insisté.
Face aux menaces que constituent l'uniformisation culturelle, la domination de modèles extérieurs et la marginalisation des langues locales, il a appelé à une mobilisation collective : protéger la jeunesse, promouvoir les valeurs traditionnelles, et investir davantage dans les industries culturelles. Le Premier ministre a mis en garde contre les « agressions culturelles visant à déraciner notre jeunesse et à l'éloigner de ses valeurs », plaidant pour un retour à la transmission, au dialogue interreligieux, au respect des aînés et à la préservation de l'environnement.
Ousmane Sonko a également salué la vitalité des créateurs ouest-africains, du cinéma à la musique, en passant par la mode, le jeu vidéo et les arts visuels. « Ils sont à la conquête du globe », a-t-il rappelé, invitant les États à créer un véritable marché commun de la créativité dans l'espace CEDEAO, avec des politiques ambitieuses, la protection des droits d'auteur et la construction d'infrastructures culturelles solides.
Le chef du gouvernement a aussi rendu hommage aux personnalités et institutions ayant oeuvré à la mise en place d'ECOFEST, notamment la CEDEAO, l'Union Economique et monotaire Ouest Africaine (UEMOA), les organisateurs sénégalais, ainsi que Mme Fatou Sow Sarr, citée pour son engagement constant « durant toutes ces années ».
Dans une ambiance chaleureuse, il a enfin invité le public sénégalais et la jeunesse de la sous-région à « s'approprier le festival, envahir les espaces d'exposition et de concert avec une énergie positive ». Avant de déclarer solennellement ouverte cette première édition que « Dakar, terre d'hospitalité et carrefour d'échanges, est honorée d'accueillir», le Premier ministre a exhorté les États de la CEDEAO à pérenniser cet événement afin qu'il devienne « un rendez-vous incontournable dans l'agenda culturel mondial ».
Le coup d'envoi d'ECOFEST 2025 est ainsi lancé, placé sous le signe du partage et de la fraternité, pour célébrer la richesse et la diversité du patrimoine culturel ouest-africain.