Cote d'Ivoire: Démocratie et vote du budget - Quand le peuple détient le pouvoir

1 Décembre 2025

Le jeudi 20 novembre 2025, au troisième jour du grand oral des membres du gouvernement face aux représentants des populations, à l'Hémicycle, à Abidjan, les ministres de la Communication, porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly et de la Promotion de la jeunesse, de l'Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, sont, entre autres, « à la barre ». L'exercice n'est pas une promenade de santé.

Les députés fouillent minutieusement les documents qui sont soumis à leur analyse et à leur observation. Les membres de la Commission des affaires économiques et financières, accompagnés des autres élus du peuple, passent tout en revue. Rien n'est laissé au hasard. Ils posent beaucoup de questions aux deux émissaires du gouvernement, assistés du ministre des Finances et du Budget, Adama Coulibaly.

Le rappel de cette scène est nécessaire. Contrairement à bien des pensées dans nos quartiers, ça bosse au sommet de l'État. Et il est bon que chacun se donne du temps pour suivre ces débats de défense du budget et, pourquoi pas, bien d'autres activités du Parlement, à savoir l'Assemblée nationale (la Chambre basse) et le Sénat (la Chambre haute). Ils comprendront que leurs représentants sont à leur écoute et traduisent leurs préoccupations dans les moindres détails.

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Les deux personnalités réussissent leur examen face aux élus du peuple. Tous les autres membres du gouvernement d'ailleurs. Mais, chaque membre du gouvernement prend note des observations et critiques faites par les députés. Ils en tiendront certainement compte au moment de l'exécution du budget et des prochaines élaborations budgétaires.

Deux jours après, au petit matin du samedi 22 novembre, le ministre des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, obtient le feu vert de l'Assemblée nationale. La Commission des affaires économiques et financières valide, à l'unanimité, le projet de loi de finances pour le compte de l'année 2026. Elle dit ainsi au Chef de l'État, à travers le gouvernement, qu'il peut exécuter son programme de gouvernement.

Autrement dit, le peuple, par l'Assemblée nationale, s'aligne sur les projets à réaliser, aussi bien en termes d'investissements, de réalisations sociales, de transferts financiers que de réformes socio-économiques. Voter le budget est un acte républicain. C'est le symbole de l'adhésion du peuple à la vision du chef. C'est un moment crucial. Car refuser de l'adopter se présente comme un désaveu de la population. Une opposition aux choix, aux orientations de l'exécutif. Symboliquement, ne pas voter le budget est synonyme de boycott démocratique, donc de remise en cause des autorités qui ont les affaires de l'État en main.

Il est vrai que pour ne pas causer de cassure dans la gestion, les finances publiques offrent aux gouvernants, en cas de refus au Parlement, un plan B. Exécuter le budget par douzième provisoire. C'est une entorse légale au refus du peuple. Seulement que dans ce cas, le gouvernement n'a pas les mains libres.

Il est tenu de reconduire, pour chaque mois, le montant du budget du même mois de l'année précédente. Or généralement, les budgets, d'une année à l'autre, sont évolutifs. Toute chose qui réduit fortement la marge de manœuvre de l'exécutif. En plus du sentiment de désapprobation de sa politique qu'il doit gérer.

Mais, l'accord donné par les députés n'achève pas la manifestation de leur confiance. Il y a une autre étape. Les dispositions sont telles que, une fois l'assentiment du peuple en poche, l'exécutif ne se détourne pas des objectifs visés qui ont motivé son approbation. C'est pourquoi la gouvernance des finances publiques prévoit la loi de règlement. C'est le moment de rendre compte.

Elle dénote l'esprit de redevabilité. Il faut faire le point à celui qui a autorisé la dépense. Cela fait l'objet d'examen par l'Assemblée nationale de la conformité des recettes encaissées et des dépenses effectuées, conformément au mandat attribué lors du vote du budget. C'est un contrôle de fin d'exercice. Une sorte de confirmation pour mission accomplie. Récemment, le gouvernement a obtenu ce certificat pour l'exercice budgétaire 2024.

Au moment où le peuple s'apprête à choisir ses représentants à l'Hémicycle, il est très utile de rappeler les fonctions des députés. Celles de la représentation nationale, en portant les attentes du peuple au sommet ; du vote des lois, donc la légifération (comme le vote de la loi de finances auquel nous assistons) et du contrôle et du suivi de l'action gouvernementale, par des sessions de compréhension ou des déplacements sur le terrain afin d'évaluer les politiques publiques.

Par ailleurs, un député élu d'une localité devient le représentant de toute la population ivoirienne. Les électeurs doivent en prendre connaissance et conscience. La campagne électorale, c'est dans 18 jours. Et bien souvent, les candidats se donnent le rôle qu'ils n'ont pas. Ils font croire aux électeurs qu'ils vont équiper tel centre, construire des édifices sociaux ou sanitaires, tracer des voies ou même les bitumer.

Il n'est pas exclu que celui qui dispose d'un revenu suffisant puisse accompagner le développement de sa communauté. Mais, l'État ne donne pas de budget pour cela. Les mairies sont chargées du développement de proximité. Les choses sont bien établies. La Côte d'Ivoire est confortable avec l'orthodoxie financière, en matière de budget, depuis l'arrivée au pouvoir du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp).

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