L'effervescence culturelle a envahi la capitale sénégalaise hier, à l'occasion de la cérémonie solennelle d'ouverture de la première édition du Festival Ouest-Africain des Arts et de la Culture (Ecofest). Cet événement, placé sous le thème « Mutations et crises sociopolitiques en Afrique de l'Ouest : que peut faire la culture ? », a été officiellement lancé par le Premier ministre Ousmane Sonko, représentant le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Dans une allocution prononcée en présence d'un parterre de personnalités régionales, d'artistes, de diplomates et de festivaliers, le Premier ministre a souligné l'importance symbolique de cet événement pour la consolidation de l'intégration et la paix en Afrique de l'Ouest.
« Le Sénégal ouvre ses portes avec son hospitalité légendaire pour accueillir le monde de la culture. C'est ici même qu'a eu lieu le premier Festival Mondial des Arts Nègres en 1966. Aujourd'hui, nous écrivons un nouveau chapitre », a-t-il déclaré, saluant la mobilisation exceptionnelle du ministère de la Culture du Sénégal.
La cérémonie a également été marquée par les interventions de responsables d'institutions sous-régionales. M. Mamadou Chérifo Diakhité, représentant le Président de la Commission de l'UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine), a rappelé l'engagement de son institution à faire de la culture, un levier de développement économique et social.
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« Le secteur de la culture a toujours été au cœur de nos actions. L'Ecofest ambitionne d'inscrire la valeur économique de la culture dans notre agenda régional », a-t-il affirmé, en réaffirmant le soutien de l'UEMOA à cette initiative fédératrice.
De son côté, Mme Fatou Sow Sarr, Commissaire en charge du Développement Humain et des Affaires Sociales de la CEDEAO (Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest), a porté un message fort au nom du Président de la Commission. Elle a salué la persévérance ayant conduit à la concrétisation de ce festival, dont le processus a été initié il y a près de 38 ans.
« Notre région, avec ses 600 communautés ethniques et linguistiques, est une mosaïque culturelle exceptionnelle. Ecofest vient combler le besoin d'un espace fédérateur et ambitieux pour porter nos expressions culturelles », a-t-elle déclaré. Elle a insisté sur le rôle apaisant et unificateur de la culture face aux crises que traverse la région.
Le Maire de Dakar, Abasse Falll dans son discours de bienvenue, a rappelé l'attachement profond de la ville aux traditions et à la création, évoquant la fierté d'accueillir les délégations de douze nations. Il a invité les festivaliers à découvrir les joyaux culturels de Dakar, tels que le Musée des Civilisations Noires, le Grand Théâtre National, et la Maison des Esclaves.
Cette première édition de l'Ecofest, co-organisée par l'UEMOA et la CEDEAO, se présente comme une plateforme de dialogue, de résilience et de célébration de l'identité ouest-africaine. Durant plusieurs jours, expositions, spectacles, réflexions intellectuelles et performances artistiques se succéderont pour démontrer, comme l'ont unanimement souligné les orateurs, que la culture est un « fer de paix » et un pilier essentiel pour l'avenir de la région.
