Cameroun: Anicet Ekane, la famille s'oppose à l'autopsie forcée du régime de Yaoundé

3 Décembre 2025

Le climat politique au Cameroun s'est considérablement tendu suite au décès d'Anicet Ekane, figure emblématique de l'opposition et président du Manidem, survenu alors qu'il était maintenu en détention. Moins de 48 heures après l'annonce de sa mort, une nouvelle alerte majeure secoue le pays : selon les déclarations de son conseiller juridique, Me Emmanuel Simh, le régime de Yaoundé envisagerait de procéder, dès aujourd'hui, à une autopsie forcée du corps, ignorant délibérément l'opposition formelle de la famille de l'opposant.

Ce développement jette une ombre épaisse sur les circonstances déjà controversées de la disparition de l'opposant, arrêté le 24 octobre. La défense, menée par Me Simh, soutient que l'état de santé précaire d'Anicet Ekane, souffrant notamment de troubles respiratoires et cardiaques graves, était un fait établi et notoirement connu des autorités. Des requêtes répétées d'évacuation sanitaire vers une structure médicale adéquate auraient été systématiquement rejetées, transformant ce qui était une détention politique en une sentence fatale, selon ses avocats.

L'hypothèse d'une « autopsie non consensuelle » est perçue par les proches comme une ultime tentative de masquer la vérité sur la négligence et les conditions de sa détention. La famille exige l'application d'un droit fondamental : la présence de médecins légistes de son choix pour garantir la transparence et l'impartialité de l'examen post-mortem, seule voie pour déterminer si la cause du décès est naturelle ou si elle est la conséquence directe d'une prise en charge défaillante ou d'un acte criminel.

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Cet affrontement légal et moral autour du corps d'Anicet Ekane ne fait qu'exacerber les tensions dans un pays déjà polarisé par une élection présidentielle contestée. L'action unilatérale que s'apprêterait à mener l'État est vue comme une violation flagrante des droits et un signal inquiétant de la pression exercée par le gouvernement sur ses détracteurs. L'enjeu de cette autopsie dépasse le cadre familial : il est devenu un symbole de la lutte pour la vérité et la justice dans la sphère publique camerounaise.

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