Comores: Après la démission du directeur de la Société des eaux, les usagers dénoncent des pénuries

Aux Comores, Soundi Goulam, premier directeur de la Société nationale d'exploitation et de distribution des eaux (Sonede), créée en 2019, a démissionné lundi 1er décembre. Il affirme n'avoir atteint que 35 % des objectifs fixés par le chef de l'État. Mais ce chiffre, comme son départ, est contesté. Beaucoup estiment qu'il a été poussé vers la sortie et que la situation sur le terrain est bien pire avec un réseau vétuste, des pénuries d'eau et un secteur à bout de souffle malgré les projets annoncés.

Beaucoup de Comoriens dépendent des vendeurs d'eau dans des jerricanes à 250 francs les 20 litres et des camions citernes. Mais les fonds investis et les projets annoncés se font toujours désirer. Si l'ex-patron de la Sonede parle de 35% d'objectifs remplis au niveau national, à Moroni la capitale, de nombreux consommateurs dénoncent l'écart entre les annonces officielles et la réalité.

Al-hamdi vit au nord de Moroni et sa frustration est immense. « Il aurait pu démissionner il y a très longtemps, juge cet usager. On ne peut pas faire sept années dans une société et ne pas atteindre au moins les 50% d'objectifs. En fait, on ne comprend pas parce que ça fait des années et des années qu'on nous parle d'investissement, mais rien de concret. Sur les papiers, peut-être, il atteint les 35%, mais nous qui demandons à avoir de l'eau dans nos maisons, je pense qu'il n'a même pas atteint 5% des objectifs. »

« Une eau dont on n'est pas sûr de sa qualité »

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Nasra Mohamed Issa, présidente de la Fédération des consommateurs, dénonce une situation devenue intenable aux Comores. « Les ménages en souffrent pour une eau dont on n'est pas sûr de sa qualité, constate-t-elle. Quand on est à la tête d'une entreprise, on essaie de trouver des solutions. On a entendu des subventions à droite à gauche qui sont arrivées, mais il n'y a jamais eu d'amélioration. Pour un directeur, je pense qu'il a 100% de ses responsabilités. Là, il n'a pas assumé. Six ans, je pense que c'est un peu beaucoup quand même. »

Le Fonds saoudien, la Banque mondiale, le Maroc, mais aussi le gouvernement... La Sonede a bénéficié de multiples aides qui ont permis, selon son directeur sortant, d'engager plusieurs réformes. Mais pour les citoyens, l'essentiel se situe ailleurs.

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