Le Conseil d'administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé, le 15 octobre 2025 à Abidjan, un financement d'un montant maximum de 15 milliards de francs CFA (22,9 millions d'euros) pour soutenir la phase II du Programme Électricité pour tous (PEPT) de la Côte d'Ivoire.
Ce financement comprend jusqu'à 16 millions d'euros de la Banque et jusqu'à 6,9 millions d'euros du Fonds pour l'énergie durable en Afrique (SEFA), un fonds spécial multi-donateurs géré par la Banque africaine de développement qui fournit un financement catalytique pour débloquer les investissements du secteur privé dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique.
Cette opération marque la première souscription de la Banque à une obligation sociale en monnaie locale dans la région de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le projet financera 400 000 nouveaux raccordements à l'électricité sur la période 2025-2026, au profit de 2,2 millions de personnes, dont 35 % vivent dans les zones rurales. Il s'agit d'une initiative phare de Mission 300, le programme du Groupe de la Banque africaine de développement et du Groupe de la Banque mondiale visant à fournir un accès à l'électricité à 300 millions de personnes en Afrique d'ici 2030.
« Cette structure innovante d'obligations sociales illustre la manière dont la Banque déploie des solutions de financement créatives pour parvenir à un accès universel à l'énergie », a déclaré Kevin Kariuki, vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement chargé de l'Électricité, de l'Énergie, du Climat et de la Croissance verte. « En mobilisant les marchés de capitaux et en rendant les raccordements à l'électricité abordables pour les ménages à faible revenu, nous alimentons la transformation économique et améliorons les conditions de vie en Côte d'Ivoire », a ajouté M. Kariuki.
Le programme PEPT, lancé en 2014, réduit les coûts de raccordement à l'électricité pour les ménages à faibles revenus et les petites entreprises éligibles en les ramenant à 1 000 francs CFA symboliques au lieu de 150 000 francs CFA, le solde étant remboursé sur une période de deux à dix ans au travers des factures d'électricité. L'obligation sociale de 60 milliards de francs CFA est structurée en trois tranches avec des échéances de 7 ans (tranche A), 10 ans (tranche B) et 15 ans (tranche C). Le véhicule de titrisation est géré par Africa Link Capital Titrisation (ALC Titrisation). L'opération a été arrangée par Africa Link Capital Structuration (ALC Structuration).
Le 17 octobre, la Banque africaine de développement, l'Emerging Africa & Asia Infrastructure Fund (EAAIF) avec une garantie de la Société financière internationale (SFI) et le Fonds norvégien d'investissement pour les pays en développement (Norfund), ont chacun souscrit à une partie de l'émission obligataire.
« Cette opération historique pour la Banque africaine de développement marque une étape majeure dans la promotion de l'utilisation d'instruments verts, sociaux et durables au sein du marché de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM). La Banque est fière de collaborer avec d'autres institutions de financement du développement et des investisseurs institutionnels locaux pour approfondir l'intégration du marché et favoriser un flux soutenu de financements durables à travers le continent », a déclaré Ahmed Attout, directeur du Département du développement du secteur financier de la Banque.
S'exprimant à propos de cette approbation, Wale Shonibare, directeur du Département des solutions financières, de la politique et de la régulation de l'énergie, a déclaré que le projet, une mise en oeuvre phare de la Mission 300, illustre les approches innovantes nécessaires pour réaliser l'accès universel à l'électricité d'ici 2030. « En raccordant plus de 400 000 ménages à l'électricité, nous montrons comment le financement basé sur le marché peut accélérer l'électrification à l'échelle et à la vitesse requises pour atteindre 300 millions de personnes », a déclaré M. Shonibare.