L'Assemblée nationale a adopté hier, mercredi 3 décembre, en séance plénière, le projet de budget 2026 du Ministère de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage.
Le budget total du MASAE s'élève à 427 milliards FCFA en autorisations d'engagement (AE) et 247,6 milliards FCFA en crédits de paiement (CP), répartis entre plusieurs programmes prioritaires. Le programme Base productive et infrastructures agropastorales s'élève à 249,8 milliards FCFA en AE et 70,7 milliards FCFA en CP.
L'essentiel est destiné aux investissements exécutés par l'État (237,4 milliards FCFA) pour renforcer les aménagements hydro-agricoles, les pistes rurales, les ouvrages hydrauliques et les équipements agricoles. Le programme Production et valorisation des produits végétaux est doté de 142,9 milliards FCFA en AE et 142,6 milliards FCFA en CP, dont 125,6 milliards FCFA en transferts en capital pour soutenir les filières stratégiques telles que le riz, le maïs, le mil et l'arachide.
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Le programme Production et valorisation des produits animaux s'élève à 11,9 milliards FCFA en AE et CP, ciblant l'élevage, la santé animale et la transformation du cheptel. Le programme Financement, Recherche, Formation et Appui-conseil dispose de 14,9 milliards FCFA, pour moderniser le secteur grâce à la recherche, la formation des producteurs et l'innovation. Le programme Pilotage, Coordination et Gestion administrative est doté de 7,5 milliards FCFA, pour renforcer l'efficacité de la gouvernance du ministère.
Face aux députés pour défendre le budget de son département, le ministre de l'Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l'élevage Mabouba Diagne, a souligné que la réussite de la politique de souveraineté alimentaire ne dépend pas uniquement de l'État. Elle nécessite selon lui, l'implication des collectivités locales, des producteurs, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers. « Avec ce budget, nous passons du discours à l'action. L'agriculture et l'élevage doivent devenir de véritables leviers de transformation économique et sociale, créant emplois, prospérité et sécurité alimentaire », a-t-il indiqué.
Lors des débats, des députés ont déploré la valorisation de l'agrobusiness au détriment de l'agriculture familiale. « J'ai l'impression que vous faites la promotion de l'agrobusiness alors que les cultures familiales sont très importantes, et c'est sur cela que vous serez noté à l'avenir », a dénoncé la députée Marième Diamanka. Selon elle, l'agriculture familiale doit être valorisées et ses agriculteurs méritent d'être soutenus en intrants et matériaux.
Allant dans le même sens, Maimouna Bousso soutient : « comment peut-on se prévaloir d'être champion en écrasant de pauvres agriculteurs ? Ces agriculteurs cultivent ces terres depuis des décennies, et il faudrait penser aux voies et moyens d'en faire les propriétaires de ces terres ».
Le député Maguette Sène a souligné les difficultés rencontrées par les petits producteurs pour écouler leurs productions face aux entreprises spécialisées dans l'agrobusiness. « Il faut penser à donner plus de moyens aux agriculteurs et mettre en place des chambres froides pour éviter la destruction des stocks », a-t-il demandé.