Ile Maurice: 80 % des coraux ont blanchi, 50 % sont morts

4 Décembre 2025

L'état des récifs coralliens est aujourd'hui proche de l'effondrement, sous la pression du changement climatique. Le ministre de l'Agro-industrie, Arvin Boolell a rappelé que les coraux, parmi les écosystèmes marins les plus productifs et diversifiés au monde, subissent des épisodes de blanchissement d'une intensité et d'une fréquence inédites, principalement causés par la hausse continue des températures marines.

Depuis le premier grand épisode mondial de 1998, qui avait déjà dévasté le massif corallien du bassin sud-ouest de l'océan Indien, Maurice a observé une succession d'événements similaires en 2001, 2002, 2005, 2009, 2012, 2016, 2018, 2022, 2024 et 2025. Les épisodes de 1998 et 2025 ont été classés «sévères», celui de 2025 a blanchi plus de 80% du récif et jusqu'à 50% de mortalité a été observé dans les zones peu profondes. Les coraux nécessitent entre 10 et 15 ans pour se régénérer, alors que les vagues de chaleur marine surviennent désormais tous les deux à trois ans, réduisant quasiment à néant la capacité de récupération.

Face à cette crise écologique majeure, le ministère affirme multiplier les mesures de mitigation. Depuis 1996, des stations de suivi à long terme surveillent annuellement la santé des récifs, fournissant des données scientifiques essentielles. Le pays compte au moins 18 aires marines protégées (qui seront bientôt plus nombreuses) couvrant près de 14 000 hectares.

Maurice mise également sur la restauration active des récifs à travers des programmes d'aquaculture corallienne. Depuis 2008, plusieurs projets pilotes ont été menés à Albion avant d'être étendus à Blue Bay, Balaclava, Trou-aux-Biches ou encore Pointe-aux-Sables. Plus de 100 membres de la communauté (pêcheurs, femmes et opérateurs de bateaux) ont été formés aux techniques de fragmentation corallienne. D'autres formations à l'intention de 341 pêcheurs sont en cours dans plusieurs régions du pays.

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Le gouvernement investit aussi dans des pépinières coralliennes terrestres, financées par l'Adaptation Fund et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), avec deux installations en construction, pour un coût de plus de Rs 65 millions, livrables et opérationnelles en 2026.

Parallèlement, l'Albion Fisheries Research Centre (AFRC) et le Mauritius Oceanography Institute travaillent sur des coraux thermorésistants, tandis que des outils légaux ont été renforcés, notamment la Fisheries Act 2023, qui interdit la pêche au filet, les substances toxiques et toute extraction de corail.

Au niveau économique, bien qu'aucune étude spécifique n'ait encore été menée, la question sera intégrée aux Assises de l'Océan l'année prochaine. Une commission technique réunissant plusieurs ministères et institutions scientifiques analysera les impacts sur la pêche et le tourisme, avec l'appui attendu du PNUD et de l'Union européenne.

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