Le Festival International du Film au Féminin, porté par sa fondatrice Édith Semmani, a offert mardi soir un grand moment pour sa 6e édition. Au Ciné Cambaie, la projection en avant-première du film La Maison des femmes a réuni un public nombreux, remplissant la salle jusqu'au dernier siège. Parmi les spectateurs : des professionnelles de la Maison des femmes de Saint-Denis, venues vivre ce moment fort qui résonne profondément avec leur quotidien.
Raconter l'indicible avec justesse
Réalisé par Mélisa Godet, avec Karin Viard et Laetitia Dosch, La Maison des femmes plonge au coeur d'un lieu essentiel: celui où l'on soigne, écoute et protège les femmes victimes de violences.
Le synopsis résume l'urgence et l'humanité du propos : dans cette structure, Diane, Manon, Inès, Awa et les autres accueillent celles dont la parole a été trop souvent étouffée. Menacées, brutalisées, violées, mutilées... elles trouvent ici une oreille, un soutien, une équipe qui les accompagne jusqu'à ce qu'elles puissent se relever - quitte à ce que les professionnelles y laissent parfois une part de leur propre équilibre. Dès les premières minutes, l'émotion s'est installée dans la salle.
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Les scènes, inspirées de réalités trop fréquentes, ont fait réagir le public: silences lourds, larmes discrètes, respiration suspendue. Pour les femmes de la Maison des femmes de Saint-Denis présentes ce soir-là, le film a agi comme un miroir, parfois difficile, mais juste. Certaines ont confié avoir revécu des situations qu'elles rencontrent chaque jour. D'autres ont dit se sentir «reconnues» pour la première fois à l'écran.
À l'issue de la projection, Édith Semmani, fondatrice et organisatrice du Festival International du Film au Féminin, a souligné la puissance de ce moment: «Ce soir c'était assez fort en termes d'émotion pour le film La Maison des femmes. On a vu le témoignage des personnes qui travaillent dans la Maison des femmes. Elles ont trouvé que c'était un film très proche de ce qu'elles vivent au quotidien, et ça c'est vachement important. Elles sont reparties en se disant qu'on les reconnaissait: une reconnaissance de leur travail, de leur place, de ce qu'elles font au quotidien. Ce film, c'est aussi une façon de leur dire bravo et merci.»
Avec cette avant-première poignante, le Festival International du Film au Féminin affirme une nouvelle fois son engagement : montrer des oeuvres qui interrogent, éveillent, et mettent en lumière les réalités vécues par les femmes.
L'édition 2025, qui se poursuit jusqu'au 7 décembre, va aussi poser ses valises à l'île Maurice du 8 au 13 décembre.
Un début de semaine fort, humain, et profondément fidèle à la mission du festival : donner toute leur place aux femmes du 7e art - et à celles dont les histoires méritent d'être racontées.