Le rapport du Pay Research Bureau (PRB) n'est ni un luxe ni une faveur : il constitue «un instrument de travail essentiel pour la fonction publique», affirme Narendranath Gopee, négociateur de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU).
Lors d'une conférence de presse tenue jeudi dans ses locaux à Port-Louis, le syndicaliste a tenu à rectifier des «perceptions erronées» véhiculées au Parlement sur la nature et la portée du rapport. «Le PRB examine les conditions de service des fonctionnaires (..) et ne se limite pas à des considérations financières, contrairement à ce que le Premier ministre a laissé entendre mardi au Parlement.»
Le rapport permet une révision salariale et des ajustements des avantages financiers ou allocations. «Mais réduire les fonctionnaires à des personnes uniquement intéressées par l'argent est un raccourci dangereux, hérité d'une image négative laissée par l'ancien régime», insiste le négociateur qui souligne une *«mauvaise perception» dans l'opinion publique, que les employés de l'État bénéficient de trop de «paid benefits».
Document technique, pas politique
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Narendranath Gopee s'est montré critique des interventions politiques, mettant en garde Joe Lesjongard et rappelant que le MSM avait fait du PRB un instrument politique dans le passé. «Ce rapport ne doit pas être débattu au Parlement. Il concerne les fédérations, les travailleurs, les employeurs et, par extension, le gouvernement.
Ce n'est ni un outil partisan ni un enjeu de communication politique», prévient-il. Il revient sur les propos du Premier ministre, qui a évoqué l'importance de la dette publique. « La dette ne peut entrer dans la discussion du PRB. Dans l'intérêt du public comme du gouvernement, il serait préférable que Navin Ramgoolam confie le portefeuille des Finances à quelqu'un d'autre.»
Pas d'argument de la caisse vide
Le négociateur rappelle que le dernier budget avait déjà prévu Rs 5 milliards pour l'application du rapport PRB. La mise en oeuvre totale, incluant la compensation salariale, devrait coûter Rs 6,25 milliards. «Le gouvernement a les moyens. Ne venez pas nous dire que la caisse est vide ou que l'on ne peut appliquer le PRB. Il ne faut pas déstabiliser l'administratif du pays.» Il se dit également perplexe face aux déclarations du Premier ministre que le rapport serait dans un «advanced stage».
« Comment se fait-il que nous sachions où en est le rapport, mais pas lui ? Les officiers ont effectué des heures supplémentaires pour boucler ce rapport. Alors, pourquoi ce retard ?» Il évoque même l'hypothèse que le gouvernement misait sur l'argent des Chagos, ce qui expliquerait les déclarations «floues» du gouvernement. Il demande un «vrai statement» au Parlement sur l'avancement du rapport.
Vinesh Sewsurn, président de la FCSOU, abonde dans le même sens. Il rappelle que le rapport de 2021, publié en pleine pandémie, n'avait pas apporté de mesures adéquates. «Il faut éviter les mêmes arguments. La relativité salariale a été bouleversée, il existe aujourd'hui une disparité importante dans la fonction publique. C'est au PRB de corriger cela.
Valoriser la fonction publique est indispensable pour renforcer l'efficacité de l'État», affirme-t-il. Pour la FCSOU, le message est clair : le PRB n'est pas une option, mais une obligation envers les travailleurs et un pilier de la stabilité du pays. Les syndicats exigent désormais transparence, rigueur et respect des engagements.