Sénégal: Attentes et perspectives budgétaires sur les revenus pétroliers et gaziers - Ces menaces et risques qui guettent !

5 Décembre 2025

Alors que le Sénégal nourrit de fortes attentes autour de ses nouveaux revenus pétroliers et gaziers, le Laboratoire de Recherches Économiques et Monétaires (LAREM) met en garde contre les risques qui pourraient fragiliser les perspectives budgétaires du pays.

Le laboratoire a lancé hier, jeudi, à Dakar, un ambitieux projet de recherche destiné à analyser, sur douze mois, les incertitudes qui planent sur les recettes extractives et leur capacité réelle à soutenir les finances publiques.

Depuis 2024, le Sénégal est officiellement entré dans l'ère pétro-gazière. Une transition présentée comme une opportunité historique pour financer la dette publique, réduire le déficit budgétaire et accélérer le développement. Mais la réalité est plus nuancée.

Le Dr Ndongo Mané Kébé, Docteur en sciences et économiques et chercheur au LAREM, rappelle que les recettes réellement disponibles pour le budget restent limitées : « Depuis le début de l'exploitation jusqu'à fin juillet, les ventes atteignent 1 535 milliards de francs CFA. Mais seulement 67 milliards constituent un profit pour l'État, en raison des prêts anticipés contractés auprès des compagnies opératrices », souligne-t-il.

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Autrement dit, l'exploitation est bien lancée, mais les ressources espérées tardent à se matérialiser. Une situation qui invite à la prudence, au moment où le pays s'appuie de plus en plus sur ces recettes pour stabiliser ses finances.

Face à ces incertitudes, le LAREM a initié une étude approfondie, en partenariat avec la Fondation philanthropique suisse et le Fonds pour la Transition énergétique. L'objectif : identifier les risques qui pèsent sur les revenus tirés du pétrole et du gaz, et proposer des stratégies pour en limiter les effets.

Parmi les menaces identifiées : la volatilité des prix du baril, les fluctuations du taux de change, les coûts élevés d'exploitation, les effets sur les autres secteurs de l'économie, les risques environnementaux, et les impacts de la transition énergétique mondiale.

Pour le Dr Kébé, « le Sénégal doit anticiper les chocs à venir et se préparer à une transition énergétique juste, alors que le monde évolue à des rythmes différents dans l'abandon progressif des énergies fossiles ».

Cette première réunion du Comité de pilotage a réuni une vingtaine d'acteurs clés du secteur pétrolier, gazier, financier et institutionnel. Une démarche inclusive, assumée par le LAREM, qui vise à consolider une approche collaborative dès le démarrage du projet.

La rencontre a permis de présenter les objectifs et ambitions de la recherche, recueillir les attentes et observations des acteurs, identifier les synergies et besoins en données, valider les orientations méthodologiques, et établir un calendrier clair pour les prochaines étapes.

Un comité restreint de cinq membres a également été mis en place pour assurer le suivi opérationnel de l'étude. Les résultats attendus devront éclairer les autorités sur les fragilités de la trajectoire budgétaire liée aux hydrocarbures, et proposer des options réalistes pour sécuriser les finances publiques. Dans un contexte de fortes attentes populaires et de pressions sur le budget, cette recherche pourrait jouer un rôle majeur dans la définition d'une stratégie nationale de gestion durable des ressources extractives.

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