La relance économique durable passera, selon le MEF (Ministère de l'Economie et des Finances), par un développement accru du secteur privé, condition d'une hausse des recettes internes et d'une moindre dépendance aux financements extérieurs.
Transmis à temps au Parlement, le Projet de loi de finances initiale (PLFI) 2026 vient de franchir une nouvelle étape avec son adoption par le Sénat. Après son amendement et son vote à l'Assemblée nationale, le texte a été examiné hier en séance plénière par 16 sénateurs, dont deux étaient absents, avant d'être soumis au vote et approuvé.
Le ministre de l'Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Ramiarison, a rappelé que les débats et ajustements avaient été « sollicités pour que la loi de finances réponde vraiment aux aspirations du peuple et soit réellement approuvée par les parlementaires ». Le président de la Commission Finance, Nepatraiky Rakotomamonjy, a insisté sur l'écoute des parties prenantes, notamment le secteur privé. « La commission a approuvé ce projet de loi sans amendement. L'amendement ne veut pas forcément dire opposition et l'approbation sans amendement ne signifie pas non plus qu'on n'y accorde pas d'importance. On a posé toutes les questions », a-t-il précisé, soulignant la qualité des échanges en commission.
Impacts attendus
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Présenté comme un budget de « sobriété », le PLFI 2026 se veut orienté vers l'impact sur la vie des ménages et la croissance. Selon les techniciens du MEF, il repose sur une double boussole : une politique fiscale pro-productivité et une rationalisation des dépenses publiques. La croissance est projetée à 4,8 % en 2026, portée par l'agriculture, les grands chantiers d'infrastructures et le secteur tertiaire, tandis que l'inflation moyenne reculerait à 7,1 %, contre 8,2 % en 2025. Ce scénario pourrait même être renforcé par un plan de relance attendu dès le premier trimestre 2026.
Côté recettes, les impôts devraient atteindre 6 221,7 milliards d'ariary (+10,5 %), grâce à l'élargissement de l'assiette, à la lutte contre la fraude et à la digitalisation (SAFI, facturation électronique). Les recettes douanières sont estimées à 5 026 milliards d'ariary, malgré la réduction de certaines taxes. En face, les dépenses du budget général s'élèvent à 15 784,3 milliards d'ariary, avec une forte progression de la masse salariale et plus de 9 000 milliards d'ariary d'investissements publics concentrés sur six priorités : énergie, eau potable, santé, éducation et formation, emploi et entrepreneuriat, solidarité et développement inclusif.
L'équilibre global du budget est fixé à 26 799,7 milliards d'ariary, pour un déficit de 4 194,8 milliards financé principalement par des emprunts extérieurs et des bons du Trésor. Le gouvernement met en avant le retour de la confiance des partenaires internationaux, la normalisation des relations avec les bailleurs et leur engagement à s'aligner sur la politique nationale.