Au Cameroun, les propos de Paul Atanga Nji, le ministre de l'Administration territoriale, sur l'opposant Anicet Ekane, décédé en prison le 1er décembre font polémique. Le ministre dans une interview vendredi sur PRC TV, une chaîne de télévision appartenant à la présidence de la République a estimé qu' Anicet Ekane n'est « ni martyr ni héros », tout en critiquant son soutien à Issa Tchiroma Bakary, l'opposant déclaré deuxième de l'élection présidentielle du 12 octobre, qui continue de revendiquer sa victoire à ce scrutin.
« Je suis choquée et en colère » a réagi la journaliste Henriette Ekwe, proche parmi les proches d'Anicet Ekane, après avoir entendu les propos de Paul Atanga Nji. Plus loquace encore, Haman Mana, le directeur de publication du quotidien Le Jour qui avait barré sa Une du titre choc « Ils l'ont tué » au lendemain du décès d'Anicet Ekane, écrit dans une publication sur ses réseaux sociaux : « le bourreau avoue le crime, s'en vante et s'en félicite ».
Dans son interview, Paul Atanga Nji a notamment laissé entendre qu' Anicet Ekane, conscient de son état de santé, n'aurait pas dû engager cette bataille contre le pouvoir. Qu'il n'aurait pas dû s'empresser de reconnaître la victoire d'Issa Tchiroma Bakary, à peine après la fermeture des bureaux de vote le 12 octobre au soir.
L'une des déclarations de Paul Atanga Nji qui a le plus choqué, c'est celle où il dit sa gêne au sujet de ceux qui veulent ériger un trône de martyr à Anicet Ekane.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Il n'est « ni martyr ni héros » pour le ministre, ce qui a instantanément provoqué un concert de désapprobation dans l'opinion. Des sources anonymes au coeur du pouvoir prennent la défense du ministre. Elles reconnaissent en lui « un homme entier, qui assume ses convictions ».