Cameroun: La gendarmerie en crise face aux scandales de corruption et de violences

8 Décembre 2025

Le prestige de la gendarmerie camerounaise, longtemps crainte et respectée, s'érode dangereusement au gré d'affaires scandaleuses. L'image d'un corps d'élite a laissé place, dans une partie de l'opinion, à celle d'un refuge de « pourris et de ripoux ». Les récents incidents de Meiganga, où un gendarme camerounais a publiquement giflé un chauffeur pour une histoire d'argent, et de Dschang, où un autre a tiré sur les pneus d'un véhicule en plein jour pour 2000 FCFA, illustrent une dérive inquiétante. Ces actes de violence gratuite et de corruption flagrante symbolisent une perte de repères et sapent l'autorité de l'institution.

Face à cette crise de confiance, les efforts d'assainissement du Secrétariat d'État à la Défense (SED), comme les sanctions internes ou les visites inopinées de hauts responsables sur les axes routiers, semblent insuffisants. Ils sont systématiquement dilués par la persistance de comportements voyous au sein même du corps. Certains officiers et officiers supérieurs, obnubilés par l'appât du gain, organiseraient un système de « collecte » forcée le long des routes, soumettant leurs subordonnés « routiers » à cette pratique illégale. Les fruits de cette rapine seraient ensuite partagés à différents échelons de la chaîne de commandement, alimentant un cycle de prédation et d'impunité.

L'affaire de Meiganga, tout comme celle de Dschang, n'est malheureusement pas un cas isolé mais le symptôme d'un malaise profond. Pour retrouver sa crédibilité, la gendarmerie doit engager un nettoyage bien plus radical. La pression citoyenne, amplifiée par les réseaux sociaux, et une volonté politique ferme sont indispensables pour mettre fin à ces pratiques qui discréditent l'uniforme et fragilisent le lien essentiel avec la population. L'institution est à un croisement : se réformer en profondeur ou voir son autorité continuer de s'effriter.

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