Soudan: L'ONU consternée par les frappes de drones meurtrières au Kordofan

8 Décembre 2025

Le chef de l'ONU António Guterres, a exprimé lundi son indignation face aux frappes de drones au Soudan qui ont coûté la vie à des dizaines de civils.

« Le Secrétaire général est consterné par les informations faisant état de la mort de dizaines d'enfants et d'autres civils lors des dernières attaques meurtrières dans le Sud-Kordofan », a déclaré son porte-parole Stéphane Dujarric dans un communiqué.

Au moins trois frappes distinctes de drones ont été signalées dans la ville de Kalogi le 4 décembre. Deux d'entre elles ont touché une école maternelle et la troisième un hôpital où les blessés avaient été transportés pour y être soignés.

Le même jour, dans le Nord-Kordofan, une frappe aérienne a touché un convoi humanitaire transportant de l'aide alimentaire vers le Nord-Darfour, endommageant un camion du Programme alimentaire mondial (PAM) et blessant gravement le conducteur.

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« Le Secrétaire général déplore cette nouvelle attaque contre les opérations humanitaires à un moment où les besoins sont criants », indique le communiqué.

Un bilan de 114 morts dont 63 enfants, selon l'OMS

Plus largement, M. Guterres a condamné toutes les attaques contre des civils et des infrastructures civiles, avertissant que le fait de prendre pour cible des établissements scolaires et médicaux pouvait constituer une violation du droit international humanitaire.

De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) fait état d'un bilan de 114 morts, dont 63 enfants, et 35 blessés, à la suite de ces frappes répétées dans l'État du Kordofan du Sud, qui ont touché une école maternelle et, à au moins trois reprises, l'hôpital rural voisin de Kalogi.

Les survivants des attaques du 4 décembre ont été transférés à l'hôpital Abu Jebaiha, dans le Sud-Kordofan, pour y être soignés, et des appels urgents sont lancés pour des dons de sang et d'autres formes d'aide médicale.

« Il est inquiétant de constater que les ambulanciers et les secouristes ont été pris pour cible alors qu'ils tentaient de transporter les blessés de la maternelle à l'hôpital », a affirmé sur le réseau social X, le Chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Les stocks de fournitures vitales s'épuisent

Depuis avril 2023, les combats au Soudan ont fait des dizaines de milliers de morts, forcé le déplacement de 12 millions de personnes et plongé le pays dans la pire crise humanitaire au monde.

Après avoir pris à la fin d'octobre El-Fasher, dernier bastion de l'armée dans l'ouest du Soudan, les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ont poussé leur offensive dans la région pétrolifère du Kordofan, plus à l'est. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 40.000 personnes ont fui la région au cours du mois dernier.

Ces mouvements de population interviennent alors que la crise humanitaire dans la région du Kordofan continue de s'aggraver, alors que les stocks de fournitures vitales s'épuisent et que la famine est confirmée dans la capitale de l'État du Kordofan du Sud, Kadugli.

Le Secrétaire général a donc exhorté tous les pays ayant une influence sur les parties belligérantes à agir immédiatement et à user de leur influence pour imposer une cessation immédiate des hostilités et mettre fin aux livraisons d'armes qui alimentent le conflit.

Des camps de déplacés submergés

Avec la poursuite des hostilités, les provinces septentrionales continuent d'accueillir des personnes fuyant les violences dans l'État du Darfour-Nord et la région du Kordofan. Outre les 40.000 déplacés du Kordofan, plus de 106.000 personnes ont fui la ville d'Al Fasher et les villages environnants plus d'un mois après l'escalade de violence du 26 octobre dernier.

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), l'afflux quotidien de familles fuyant les violences à El Fasher et au Kordofan submerge Al Dabba, dont les ressources sont limitées. « Le nombre de personnes déplacées augmente, le camp d'Al Afad accueillant environ 11.000 personnes ».

Dans ce climat de chaos et de pénuries, les agences humanitaires fournissent une aide aux familles déplacées, notamment des vivres, des articles non alimentaires, des abris, des produits nutritifs, ainsi qu'une assistance sur l'eau, et l'assainissement.

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