Quelques jours après avoir scellé un accord de cessez-le-feu historique, le Président congolais Félix Tshisekedi a pris la parole devant le Congrès réuni à Kinshasa pour dénoncer une rupture claire des Accords de Washington. Le Rwanda est directement pointé du doigt pour une « guerre d’agression » par procuration dans l’Est de la RDC.
Devant un Parlement congolais réuni en congrès ce lundi 8 décembre 2025, l'air était lourd d'une déception amère. L'espoir soulevé par la signature d'un accord de paix à Washington visant à pacifier la région du Kivu s'est heurté brutalement à la réalité des violences sur le terrain. Le Président Félix Tshisekedi a rompu le silence pour accuser formellement le Rwanda de « violations flagrantes » de l'accord.
Le chef de l'État congolais n'a pas mâché ses mots. Il a affirmé que les forces rwandaises auraient conduit et appuyé des offensives à l'arme lourde dans plusieurs localités du Sud-Kivu, notamment à Kaziba, Katogota et Lubarika. Pour Kinshasa, ces actions ne constituent pas de simples incidents, mais une « rupture claire du cessez-le-feu » et une « guerre d’agression par procuration ».
Selon le Président, l'intention derrière ces manœuvres est claire : la prédation des ressources minières de la République démocratique du Congo.
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L'optimisme qui entourait la signature de l'accord, qualifié à l'époque par le Président rwandais Paul Kagame de « feuille de route la plus claire et précieuse », a été instantanément brisé par une reprise des hostilités.
Des combats acharnés, attribués par Kinshasa aux rebelles du M23 — que le gouvernement congolais accuse d'être soutenus par le Rwanda —, ont rapidement mis fin à toute notion de stabilité. La conséquence la plus amère de cette escalade fut la capture de Luvungi, un village stratégique situé près de la frontière burundaise, par ces mêmes forces rebelles.
Pire encore, la ville voisine de Sange est devenue le théâtre d'une tragédie effroyable : un bombardement a entraîné la mort de dizaines de civils, y compris des enfants, tout en réduisant en ruines des infrastructures essentielles comme des écoles et des hôpitaux. Cet échec cuisant souligne la fragilité des engagements sur papier face à la persistance d'une guerre caractérisée par des violations flagrantes et un coût humain insoutenable.
Malgré la déception et la colère face aux actions du Rwanda, le Président Tshisekedi a réaffirmé que la RDC demeurait attachée à la voie diplomatique. Cependant, il a été très clair sur les lignes rouges : Kinshasa ne renoncera jamais à sa souveraineté ni à la sécurité de ses citoyens.
L'État congolais se dit prêt à utiliser tous les moyens nécessaires pour protéger son intégrité territoriale. En conclusion de son allocution, le chef de l'État a lancé un appel vibrant à la communauté internationale pour qu'elle « tire les conséquences » de ces violations, en envisageant notamment des sanctions économiques ciblées.
L'accord de Washington, censé apporter une paix durable, semble désormais condamné à n'être qu'un éphémère coup d'épée dans l'eau, laissant l'Est de la RDC s'enfoncer de nouveau dans un cycle de violence.