Quinze années après leur installation à la cité APIX de Tivaouane peulh les impactées par le projet de l'autoroute à péage n'ont pas reçu leur titre de propriété. En réunion d'information, avant-hier dimanche, ils ont dénoncé des manoeuvres au niveau de l'APIX SA et des Domaines pour leur délivrer des titres précaires à la place des droits de superficie qui ont été signé dans le cadre de du Plan d'Action de Réinstallation (PAR) des personnes affectées par le projet de l'autoroute à péage. Ils annoncent un blocage de l'autoroute, si les autorités ne réagissent pas.
Les habitants de la cité APIX de Tivaouane Peulh ont manifesté, dimanche dernier, pour, disent-ils, réclamer leurs titres de propriétés l'APIX et aux services des Domaines. Ces familles venues de Pikine irrégulier Sud et de Pikine irrégulier Nord ont été recasées sur le site, dans le cadre de la construction de l'autoroute à péage. En tant Personnes Affectées par le Projet (PAP), les habitants de cette nouvelle cité sise à Tivaouane Peulh disent être liés à l'Etat par une Convention inscrite dans le Plan d'Action de Réinstallation (PAR), signée avec l'approbation de la Banque Mondiale.
A travers cet accord, chaque détenteur de parcelle devait se voir délivrer un titre foncier. Mais quinze après, non seulement ils ne parviennent pas à entrer en possession de ces titres de propriétés, mais ils s'étonnent de voir les responsables de l'APIX et des services des Impôts et Domaines leur proposer des baux à la place. Chose qu'ils n'entendent pas accepter, car pour eux ce n'est pas ce qui a été convenu dans le Plan d'Action de Réinstallation.
Regroupés dans un collectif, dénommé Comité Inter-ilots de la cité APIX (CICA), ils disent refuser la «précarité» du bail et entendent se battre, par tous les moyens, même au prix de leur vie, pour entrer en possession de leur droit de superficie, comme stipulé dans le PAR validé par l'Etat du Sénégal et la Banque Mondiale.
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«...On nous avait dit, à notre arrivée, il fallait procéder à une sécurisation foncière ; à la place de baux, ont avait signé des droits de superficie avec l'ancien président Abdoulaye Wade qui a voulu nous sécuriser en tant Sénégalais et concitoyens. C'est pourquoi, depuis 2009, on court derrière cet acte de propriété qui se trouve être un droit de superficie. Mais il n'y a pas longtemps, l'APIX nous a convoqué pour nous informer qu'elle va nous servir des baux. C'est cela que les populations ne peuvent pas accepter», a souligné Pape Badiane, président du Comité.
Il a rappelé qu'une procédure de délivrance des droits de superficie était déjà en cours et certains ont reçu leur titre. Une centaine ont reçu sur 2039 maisons, «un faible pourcentage».
Aujourd'hui les membres du CICA réclament leur droit de superficie à l'APIX et aux services des Domaines, rappelant «la continuité de l'Etat et les engagements de la Banque Mondiale et des autres partenaires».
Aujourd'hui ces propriétaires de parcelles dans cette cité accusent des agents de l'Etat, notamment au niveau de l'APIX et des Domaines, d'être en train de morceler les aires prévues pour les espaces publiques pour les vendre. C'est la raison pour laquelle, ils veulent changer les choses, proposant des baux et profiter de cette situation pour en établir pour les acquéreurs des parcelles qu'ils sont en train de morceler sur les espaces communs et les bandes.
«Il y a des agents véreux qui sont en train de contourner les procédures pour établir des baux sur les bandes et même sur des parcelles déjà attribuées à des déguerpis, pour les donner à des gens qui n'ont rien à voir avec le projet. C'est l'objet de cette présente rencontre ; nous demandons à l'Etat du Sénégal de nous donner nos droits de superficie qu'il avait signés devant la Banque Mondiale. Nous ne reculerons devant rien, ils n'ont qu'à nous tuer ou raser toute la cité», a soutenu Ndongo Sall, un des délégués de quartiers de la cité et leur porte-parole.
Et M Sall de lancer : «Nous appelons le gouverneur de la région de Dakar, chef de tous les services administratifs de la région, à mettre un terme à cette situation qui prévaut dans la cité APIX. Il y a des délinquants fonciers dans les services de l'Etat qui sont en train d'établir de faux documents. Nous dénonçons les agissements des agents véreux de l'administration sénégalaise».
Face à cette situation, les membres du CICA se disent prêts à faire face. Après la réunion d'information, ils ont organisé une marche dans les artères de la cité, jusqu'au marché. La prochaine étape sera un blocage de l'autoroute à péage, la date et l'heure seront gardées secret pour créer, disent-ils, un effet de surprise.