Le Réseau Ouest Africain pour l'Édification de la Paix (WANEP Sénégal) a réuni, lors d'un atelier consacré au «Dialogue multi-acteurs sur l'engagement citoyen des jeunes dans les initiatives locales et nationales», décideurs publics, partenaires techniques et financiers, experts et organisations de jeunesse. Une rencontre marquée par une convergence de vues : l'avenir démocratique et socio-économique du Sénégal dépend de la place accordée à sa jeunesse, forte de plus de 75% de la population.
Représentant la ministre chargé de la Jeunesse, Alassane Diallo, Directeur général de la Jeunesse, a rappelé que la participation des jeunes «n'est plus un choix, mais une nécessité». Il a souligné que le gouvernement, sous l'impulsion du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, a fait de l'engagement citoyen un pilier de la Vision Sénégal 2050.
Entre l'élaboration du Plan d'action national «Jeunesse, Paix et Sécurité», la création prochaine du Conseil consultatif des jeunes et les programmes d'infrastructures de proximité, l'État entend «placer les jeunes au coeur des décisions collectives». L'atelier doit ainsi contribuer à identifier obstacles et solutions pour renforcer leur participation politique et communautaire, à la veille de la Convention nationale des jeunes du 11 décembre prochain.
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Du côté des partenaires, l'Union européenne (UE) a réaffirmé son engagement. Damien Desquiens, chef de mission adjoint à la Délégation de l'UE au Sénégal, a alerté sur les résultats du dernier Afro-baromètre, montrant un désengagement politique des 18-35 ans, moins enclins à voter, à contacter leurs élus ou à participer à la vie publique. «Les jeunes ne doivent pas être seulement une base militante mobilisable dans la rue, mais une force engagée dans les processus institutionnels», a-t-il souligné.
L'UE appuie cette ambition à travers de nombreux programmes, notamment Erasmus+, dont l'enveloppe dédiée à l'Afrique subsaharienne a été quadruplée.
Président du Conseil d'administration du WANEP Sénégal, le colonel Édouard Mbengue a élargi la perspective en s'appuyant sur son expérience des zones de conflit. Dans plusieurs pays, a-t-il rappelé, l'absence d'encadrement de la jeunesse l'a rendue vulnérable aux dérives violentes.
À l'inverse, des initiatives locales, comme au Mali, montrent qu'une jeunesse mobilisée peut devenir «un moteur de transformation économique, sociale et sécuritaire». Pour le Sénégal, il appelle à «une jeunesse consciente de son environnement, refusant d'être instrumentalisée et orientant ses actions vers l'intérêt national».
Entre ambitions gouvernementales, soutien international et vigilance citoyenne, l'atelier du WANEP a mis en lumière un consensus : la jeunesse sénégalaise est déjà à l'oeuvre, inventive et mobilisée. Il s'agit désormais de lui ouvrir, durablement, les espaces de décision où se construit l'avenir du pays.