Selon des sources proches du bureau du Premier ministre et celui de l'Attorney General, Maurice a fermement répondu aux inquiétudes exprimées par plusieurs rapporteurs spéciaux de l'ONU concernant la situation des Chagossiens et le processus de négociation avec le Royaume-Uni.
Dans un mémorandum de huit pages adressé au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, le gouvernement rejette toute accusation d'opacité ou de manquements, affirmant que la responsabilité historique et juridique du déracinement chagossien incombe «en premier lieu» au Royaume-Uni.
Le gouvernement rappelle que le détachement des Chagos en 1965 a été jugé illégal par l'avis consultatif de la Cour internationale de justice en 2019, confirmé par une résolution de l'Assemblée générale la même année, puis par la décision du Tribunal international du droit de la mer en 2021. Selon Maurice, Londres a non seulement expulsé les Chagossiens «dans des conditions inhumaines», mais continue également de bloquer leur retour en raison de son occupation prolongée.
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Le gouvernement réfute aussi l'idée que les Chagossiens subiraient une marginalisation culturelle ou linguistique. Il souligne leur pleine citoyenneté mauricienne et l'existence de services dédiés via le Chagossian Welfare Fund, allant des aides sociales aux programmes culturels. L'inscription du séga tambour chagossien sur la liste du patrimoine immatériel de l'UNESCO est citée comme preuve d'engagement concret.
Maurice confirme par ailleurs avoir mené trois cycles de négociations avec Londres entre 2022 et 2023, tout en assurant consulter régulièrement la communauté chagossienne. Le pays réaffirme son objectif de permettre le retour de tous les exilés une fois la souveraineté exercée, objectif soutenu par une ligne budgétaire annuelle de Rs 50 millions destinée à préparer une future réinstallation.