Cameroun: Crise des déchets à Douala - L'urgence de l'assainissement entre initiatives et défaillances

9 Décembre 2025

La capitale économique du Cameroun se débat dans une réalité amère qui menace son développement et la santé de ses populations.

Sur des axes majeurs comme la route menant au Marché Bedi, des montagnes d'immondices s'amoncellent au bord des voies, transformant les artères vibrantes de la ville en de véritables dépotoirs à ciel ouvert. Cette triste vérité reflète l'ampleur de la crise des déchets Douala, une insalubrité chronique qui, si elle n'est pas rapidement maîtrisée, menace de faire basculer des quartiers entiers dans l'état d'urgence sanitaire.

Les conséquences de ces amas grandissants sont immédiates et dangereuses. Sur le plan routier, les décharges sauvages empiètent sur la chaussée, réduisant la fluidité de la circulation et forçant les automobilistes et motocyclistes à des manoeuvres périlleuses. Il en résulte des embouteillages monstres et une augmentation palpable du risque d'accidents.

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Plus grave encore est la menace sanitaire. Ces déchets en putréfaction deviennent des foyers idéaux pour la prolifération de vecteurs de maladies, notamment les moustiques et les rongeurs, exposant les riverains à des maladies hydriques et cutanées. Le label peu flatteur de "ville poubelle" impacte en outre sévèrement l'attractivité de la métropole auprès des investisseurs et des touristes.

Face à la production quotidienne de milliers de tonnes d'ordures, l'épineuse question de la responsabilité se pose avec acuité. L'opérateur historique, HYSACAM, souvent pointé du doigt pour des défaillances logistiques, des problèmes de trésorerie ou un parc automobile insuffisant, doit gérer une charge colossale. Néanmoins, l'équation est structurelle.

Le financement de la gestion des ordures demeure un défi, et le manque d'infrastructures adéquates, comme des centres de tri et des décharges modernes, complique l'évacuation rapide vers les sites finaux. Au-delà des acteurs institutionnels, la part de responsabilité des citoyens est engagée, l'incivisme persistant se manifestant par le dépôt anarchique des déchets en pleine rue.

Cependant, les autorités ne restent pas inactives. La Communauté Urbaine de Douala (CUD) a récemment intensifié ses efforts en lançant des initiatives majeures pour résorber le déficit d'assainissement. L'une des avancées les plus significatives est l'inauguration d'un centre de transfert des déchets, une première dans la sous-région, destinée à accélérer la rotation des camions de collecte.

Parallèlement, la mairie a entrepris d'ouvrir le secteur à la concurrence et d'accueillir de nouveaux prestataires pour appuyer HYSACAM, et a alloué d'importants budgets pour l'entretien urbain. Ces mesures, couplées à l'acquisition de nouveaux équipements par l'opérateur principal, esquissent une volonté de changement. Pour que Douala retrouve son lustre, il est impératif que toutes les parties prenantes, des autorités aux habitants, adoptent un réflexe de salubrité et transforment cette crise en une opportunité de développement durable.

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