Comores: Un nouveau projet de loi menace la liberté de la presse

Aux Comores, les autorités souhaitent réviser le Code de l'information pour intégrer les médias en ligne et les réseaux sociaux, et moderniser un cadre jugé trop limité. Mardi 9 décembre 2025, le ministère de l'Information a soumis au Parlement une révision de ce code qui date de 2021. Les autorités ont associé les acteurs du secteur dont le syndicat des journalistes. Mais ce dernier rejette fermement un article, qui permettrait, si le texte venait à passer tel quel, à la justice d'exiger la divulgation de sources « dans des cas exceptionnels ».

Le texte soumis au Parlement est décrit comme liberticide et comme une menace pour la profession. Le Syndicat national des journalistes comoriens rejette fermement un article, qui permettrait, si le texte venait à passer, à la justice d'exiger la divulgation de sources « dans des cas exceptionnels ». Ahmed Bacar, président du Syndicat national des journalistes comoriens, estime que cet article constitue « une menace pour la démocratie ».

« Soit on précise à quel moment le journaliste doit donner la source, soit on garde l'article qui est en vigueur, déclare-t-il. On commence à sensibiliser l'opinion, les autorités, ce n'est pas une question des journalistes seulement, tout le monde est menacé. Le jour où le journaliste va dévoiler sa source, c'est toute la démocratie qui est menacée. »

L'article décrié jusqu'au sein du pouvoir

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Fait rarissime, l'article est également décrié au sein du pouvoir. Ahmed Ali Amir, conseiller spécial du président de la République en charge de la communication estime que l'expérience du pays montre que les « cas exceptionnels » peuvent vite devenir la règle.

« C'est vrai que les standards internationaux permettent aux juges d'intervenir dans des enquêtes extrêmes concernant, par exemple, le terrorisme, la criminalité organisée, etc. Mais il n'y a aucune garantie. Combien de journalistes ont été arrêtés et mis en prison pour des banalités ? Le projet de loi introduit une nuance lourde de conséquences. On passe d'une protection absolue à une protection conditionnelle et ce n'est pas bon », explique-t-il.

Sollicité, le Conseil national de la presse et de l'audiovisuel n'a pas voulu réagir. De son côté, le syndicat des journalistes poursuit son travail de plaidoyer notamment auprès des parlementaires et rappelle que le pays a signé des conventions internationales sur la liberté d'expression et la liberté de la presse.

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