La tension diplomatique atteint un nouveau sommet entre Kinshasa et Kigali. Après l'accusation formelle par le Président congolais Félix Tshisekedi de violations flagrantes de l'accord de paix, le Rwanda a répondu avec une véhémence similaire, dénonçant un « mensonge » et un manque de bonne foi de la RDC.
La contre-attaque verbale de Kigali
Le gouvernement rwandais a répondu fermement aux accusations formulées lundi par Kinshasa, selon lesquelles Kigali aurait rompu l'accord de paix de Washington en soutenant des attaques armées dans l'Est de la RDC.
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Dans une déclaration cinglante sur les réseaux sociaux, la Porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo , a réfuté les allégations de la RDC. D'après Anadolu Ajansı , elle a assené : « Assez de mensonges. La RDC ne peut pas s'ériger en garant du cessez-le-feu alors qu'elle le viole en réalité et n'a aucune intention de respecter les accords de Washington qu'elle vient de signer. »
Cette riposte accuse directement la RDC de manquer à ses propres engagements et de chercher à imputer la responsabilité de la persistance des combats à son voisin.
Lignes officielles congolaises
Cette escalade fait suite à la prise de position du porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya , qui, réitérant les accusations du Président Tshisekedi , a insisté sur l'urgence de la situation humanitaire au Sud-Kivu due aux « bombardements rwandais et ses actions hostiles ».
Muyaya a affirmé que le Rwanda « viole délibérément l'accord de Washington » et cherche en outre à « régionaliser le conflit », notamment en attaquant le Burundi, lui aussi entré dans le débat sécuritaire.
Montée des tensions régionales
La crise s'étend au-delà des deux capitales. Les tensions avec le Burundi sont également montées d'un cran : le ministre burundais des Affaires étrangères, Edouard Bizimana , a averti que toute attaque contre des citoyens ou des soldats burundais en RDC ne serait « jamais tolérée ».
Dans ce contexte de surenchère verbale, le Groupe international de contact pour la région des Grands Lacs (ICG) a exprimé sa « profonde préoccupation » face à la reprise des violences et a exhorté à la fois l'armée rwandaise et le M23 à « cesser immédiatement » toute opération offensive dans l'Est du Congo.