Réunissant mardi 9 décembre 2025 à Dakar des délégations du Sénégal, de la Côte d'Ivoire et de la Colombie, l'atelier d'échange d'expériences organisé par le Fonds international de développement agricole (FIDA) a mis en lumière la participation des femmes rurales aux investissements publics et leur accès à la terre, enjeu majeur pour la souveraineté alimentaire et la croissance inclusive.
Ouvrant la rencontre, Mme Mbacké Sokhna Mbaye Diop, conseillère technique et coordonnatrice de la cellule genre et équité au ministère sénégalais de l'Agriculture, a rappelé le rôle essentiel des femmes dans les chaînes de valeur agricoles : « Elles représentent plus de 70 % de l'avenir de l'agriculture au Sénégal », a-t-elle affirmé, soulignant leur implication « du semis à la commercialisation ». Malgré ce poids décisif, elle déplore, que les femmes « demeurent confrontées à des obstacles structurels persistants : accès limité au foncier, aux financements, aux équipements et aux formations. »
Elle a également réitéré l'engagement du gouvernement sénégalais, en évoquant les instructions du président Bassirou Diomaye Faye visant à renforcer l'autonomisation économique des femmes, notamment à travers un projet de loi d'orientation attendu d'ici la fin de l'année. « Il est nécessaire de renforcer leur capacité d'action et leur présence dans les instances de décision », a-t-elle insisté.
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Du côté ivoirien, Mme Fadiga Haïda Kaly Diarrassouba, conseillère technique au ministère des Ressources animales et halieutiques, a souligné l'importance d'inscrire durablement les acquis de la première phase du programme d'échange : « Nous sommes ici pour construire ensemble des solutions durables ». Elle a rappelé que la transformation structurelle défendue par le président Alassane Ouattara passe par la reconnaissance et la redistribution du travail domestique non rémunéré, afin de libérer le potentiel économique des femmes : « L'économie des soins ne doit plus être perçue comme un coût, mais comme un investissement stratégique ».
Pour le FIDA, représenté par Matteo Martizio, l'initiative illustre pleinement la dynamique de coopération Sud-Sud : « Il existe de nombreuses solutions développées localement, mais qui restent confinées à un pays. Ces ateliers permettent de partager, d'apprendre et d'améliorer les pratiques ». Revenant sur les questions foncières, il a rappelé que la création d'une agence ne constitue pas une solution unique : « L'essentiel est l'internalisation des problématiques foncières au sein du gouvernement ».
Au terme des échanges, les participants s'attelleront à la finalisation de plans d'innovation destinés à renforcer l'autonomisation économique des femmes rurales en Côte d'Ivoire et au Sénégal. Cette étape marque une avancée décisive pour faire des investissements publics et de l'accès à la terre des leviers réels d'égalité et de développement.