Congo-Kinshasa: Est du pays - La situation à Uvira reste confuse

En République démocratique du Congo, l'escalade militaire qui a suivi la signature des accords de paix de Washington a encore provoqué des mouvements de population. Plusieurs dizaines de milliers de réfugiés ont fui le Sud-Kivu en direction du Burundi voisin. L'objectif est se mettre à l'abri des violents affrontements qui se sont rapprochés ces dernières heures de la ville d'Uvira. Elle était depuis la prise de Bukavu devenue la capitale provinciale.

En l'absence de communication officielle des autorités de Kinshasa et du groupe armé AFC/M23, il reste difficile de se faire une idée précise des forces en présence à Uvira. Selon les témoignages obtenus ce mercredi 10 décembre dans la matinée, la nuit a été plutôt calme, avec tout de même des tirs sporadiques signalés.

Des habitants joints par RFI évoquent la présence d'hommes armés -- et qui se déplacent à pied - dans le nord de la ville. Des hommes qu'ils identifient comme étant du groupe armé AFC/M23, soutenu par le Rwanda qui aurait, selon le dernier rapport des experts des Nations unies, déployé entre 6 000 à 7 000 hommes sur le territoire congolais. D'autres témoins rapportent la présence de Wazalendo, ces milices d'autodéfense alliées de Kinshasa.

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Ces informations sont démenties par le gouverneur de la province, joint dans la matinée par téléphone. Jean-Jacques Purusi explique être actuellement à Bujumbura, au Burundi donc. Il a accompagné des blessés que les hôpitaux d'Uvira, déjà saturés, ne pouvaient plus prendre en charge. Il prévoit de se rendre dans la journée du côté des camps de réfugiés avant de revenir à Uvira.

Pourquoi une telle offensive maintenant ?

Le timing de cette nouvelle offensive interroge les observateurs. Une source sécuritaire avoue ne pas comprendre l'objectif de cette montée de tension sur le terrain au moment même de la signature des accords de paix à Washington. « Mettre la pression sur Kinshasa avant un nouveau round de discussions à Doha, cela s'est déjà vu, estime notre source, mais il y a quand même un risque d'humilier le président Trump ».

Pour un autre spécialiste de la région, « les Américains ont des moyens de pression pour faire retomber l'escalade militaire », ajoutant « vont-ils les mettre en oeuvre ? » « Ils font passer des messages », croit savoir l'un de ses collègues.

Après la chute de Goma et de Bukavu, plusieurs responsables rwandais avaient été visés par des sanctions américaines et européennes. Du côté des diplomaties occidentales, ces dernières semaines, on estimait -- en dépit des demandes de Kinshasa - qu'une nouvelle salve de sanctions n'était pas à l'ordre du jour pour ne pas « perturber » les négociations de paix. Mais en coulisse, on prévenait tout de même qu'une évolution sur le terrain pouvait changer la donne.

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