Les lycées Ameth Fall des Jeunes Filles et Charles De Gaulle de Saint-Louis ont abrité hier, mardi 09 décembre, une exposition publique itinérante réalisée dans le cadre du Projet DigiSen.
Il s'agit d'un projet de recherche transdisciplinaire qui interroge les rapports entre jeunesse, numérique et territoires dans les villes intermédiaires sénégalaises, à savoir Saint-Louis et Ziguinchor. Il s'inscrit dans une dynamique de recherche-action sur la participation citoyenne des jeunes à l'ère numérique. Les responsables ont choisi le théâtre-forum, le Slam et le Rap pour véhiculer leurs messages et sensibiliser les élèves sur le Numérique et les inciter à l'utiliser autrement.
Le projet Digicen proprement dit porte sur les politiques numériques, le développement des infrastructures et la participation urbaine des jeunes dans les villes de Saint-Louis et Ziguinchor. « Le projet travaille sur les inégalités socio-territoriales du numérique notamment les inégalités d'accès et les usages différents. Nous partons également d'un fait constatable, à savoir la fracture numérique, mais également la facture numérique.
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Fracture numérique, c'est une inégale couverture et facture, c'est le coût, qui est également une forme de discrimination, de ségrégation socio-territoriale », a fait savoir Cheikh Samba Wade, enseignant-chercheur au Département de Géographie de l'Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis et point focal de ce projet DigiSen.
Ce projet, a-t-il expliqué, entend décrypter, débrouiller les confusions dans les territoires qui sont liées à l'inégal développement, aux sous-équipements de certains quartiers qui traînent des lacunes réelles. « Parce que c'est comme si le numérique est aujourd'hui, dans nos pays, un instrument qui galvanise les territoires déjà avancés et qui écrase les territoires pauvres.
Le fossé s'élargit car aujourd'hui, pour gouverner, pour enseigner, pour s'éduquer, pour faire du commerce, et pour le transport, partout le numérique s'impose comme le médium, le catalyseur des synergies. Donc voilà un peu ce que cherche à comprendre le projet », a rappelé M. Wade. Selon lui, il y a plusieurs hypothèses scientifiques qui peuvent justifier le fait que les inégalités socio-territoriales liées au numérique affectent le développement territorial.
L'une des hypothèses, c'est que le sous-équipement et la non-inclusion numérique seraient des causes du retard ou de la sous-intégration de certains territoires. Et donc DigiSen est un projet qui vient essayer de répondre par rapport à la compréhension des sciences humaines et sociales, mais aussi l'ingénierie. « Le numérique nous permet vraiment d'avancer un peu plus vite. On peut consulter et devenir un pilier du développement économique redoutable. Dans un passé récent, le mot dominant était mondialisation. Maintenant, c'est le numérique.
Et on voit également qu'il n'y a pas de dissonance entre les deux parce que le numérique permet à la mondialisation de se réaliser. », a-t-il indiqué. Pour la sociologue, Dr Tatiana Mbengue Mme Faye, ce projet, d'une durée de trois ans et qui en est à sa deuxième année d'exécution, vise à produire des données de qualité et s'intéresse à la manière dont les jeunes utilisent le numérique.
Abordant dans le même sens, la Proviseure du Lycée Ameth Fall des Jeunes Filles de Saint-Louis, Mme Khady Bâ Sy, a estimé que l'on ne doit pas utiliser les téléphones portables pour se distraire mais plutôt pour aller à l'essentiel notamment faire des recherches, entre autres. « Ces genres d'activités sont importantes en ce sens qu'elles contribuent à enrichir le cursus des élèves », a-t-elle déclaré.
L'activité a été animée par la compagnie théâtrale « Les Références de Saint-Louis » qui a exécuté le théâtre-forum en plus des prestations des artistes slameurs Adja Poulméra Thiam et Major Al-Almine et du rappeur Papito. Ce mercredi, l'exposition aura lieu au Lycée Cheikh Oumar Foutiyou TALL ex-Faidherbe et au niveau de l'Espace Numérique Ouvert (ENO) de Saint-Louis.